25 novembre 2010

réflexions sur Karma Mort et Renaissance (2)

suite de mes réflexions *:

A la suite de la publication de la première partie une amie  m'a fait remarquer sur Facebook que les explications données par frère Phap Lu lui faisait penser à Krishnamurti qui avait écrit:

"Le problème est donc beaucoup plus complexe que celui de savoir s'il faut croire ou non à la réincarnation, car la question est de savoir comment agir, et non s'il faut croire à la réincarnation ou au karma- deux notions qui sont absolument hors de propos."
http://www.facebook.com/notes.php?id=1116698830&notes_tab=app_2347471856#%21/note.php?note_id=466875633669


C'est une idée qui me plait beaucoup !
 

avant même d'avoir embrassé le bouddhisme, je disais déjà à propos de Dieu et de la création du monde, quand on me le demandait,  que l'essentiel, n'était pas pour moi de savoir d'où venait le monde, mais il risquait d'aller ( dans un mur)

et AGIR pour qu'il n'en soit pas ainsi .


Toutefois la renaissance ou le Karma ne sont pas hors de propos ni à rejeter pour les bouddhistes, mais le Maître zen Thich Nhat Hanh considere la question de la renaissance , comme non essentielle, et il se base pour dire cela sur le Bouddhisme Theravada, le Bouddhisme des anciens.

Un autre sutra cité par Thay et qui va dans le même sens: 

Une poignée de feuilles
Discours donné par le Bouddha
  (Samyutta Nikaya LVI 31)
 
Un jour, alors qu’il résidait à Kosambi dans une forêt de simsapas, Bouddha, ramassa une poignée de feuilles et demanda aux Bhikkhus (moines) :

"Selon vous Bhikkhus, les feuilles que je tiens dans la main sont-elles plus nombreuses que les feuilles des arbres de ces bois ?"

"Les feuilles que le Bouddha a ramassées ne sont qu’une poignée, celles des arbres sont bien plus nombreuses."

"Ainsi Bhikkhus, il en est de même pour l'ensemble des connaissances que j’ai accumulées au cours de mon expérience, qui sont bien plus nombreuses que les choses que je vous ai enseignées, dont le nombre est restreint.

Pourquoi ne vous ai-je pas parler de toutes ces choses ?
Parce que ces connaissances ne sont pas source de développement, de progrès dans la Vie Sainte et parce qu’elles ne conduisent pas à l’extinction du désir, à sa diminution, à la cessation, à la paix, à la compréhension directe, à l’éveil, à Nibbana. Voilà pourquoi je ne vous en ai pas parlé. (...)







 Lire également le "Sutra des questions inutiles" Culamalunkya-sutta, qui reprend dans d'autres termes ce sutra ainsi que  le sutra d'Anuradha  cité par le Frère Phap Lu*...

 La renaissance n'était donc pas une question essentielle pour le Bouddha, l'essentiel étant le chemin qui mène à la cessation de nos souffrances.

Mais ce n'est pas une question "hors de propos" car bien sur, nous renaîtrons, la mort n'étant qu'un simple changement de corps, une continuation avec d'autre vêtements ...

Et pour en revenir aux "six royaumes" , même pour nous occidentaux relativement aisés, ils existent réellement :

ce ne sont (pour moi) que nos états d'esprit de plus ou moins grande souffrance que nous vivons déjà dans l'ici et le maintenant...

nous pouvons vivre dans cette vie ci, l'enfer quotidiennement même si nous avons l'aisance matérielle ...

et vice versa ces peuples qui n'ont pas grand chose, qui semblent heureux de vivre ! Comment font ils?

leur esprit est différent

  C'est pourquoi travailler à transformer notre esprit dès à présent c'est l'aider à moins souffrir demain ... ou dans une vie future.

Mais transformer notre esprit, ce n'est pas lui dire de faire "la politique de l'autruche" et d'accepter toutes les horreurs de ce monde, pour avoir une soit disante paix intérieure mais fausse ...

(je n'ai pu m’empêcher de le redire, c'est mon âme militante, loll ) 


Transformer notre esprit, c'est se détacher de "l'avoir" du paraître" du "qu'en dira t'on" et surtout de cette société de consommation et de ses attraits...

Quant au karma, ce n'est pas non plus une notion "hors de propos" , c'est même une notion de base, mais nous n'en sommes pas prisonniers comme le pensent les hindouistes.

Plusieurs fois Thay a enseigné cette très bonne nouvelle que même négatif  il pouvait être transformé, qu'une action négative, pouvait être annulée par une action positive

le Bouddhisme Tibétain le dit aussi,  notre karma négatif peut être purifié par les "4 pouvoirs d'opposition".

(A suivre 3° partie)

* 1ere partie : réflexions sur Karma Mort et Renaissance (1)
http://michel1955.blogspot.com/2010/11/reflexions-sur-karma-mort-et.html

21 novembre 2010

réflexions sur Karma Mort et Renaissance (1)

Il y a longtemps que je voulais  reprendre ici sur ce blog,  toutes mes réflexions sur ce theme du Karma , de la mort et de la renaissance, voici la première, qui en est le pourquoi.

Les enseignements du Bouddhisme Tibetain (et d' autres écoles ) basée sur les 6 royaumes et la précieuse renaissance humaine qui seule nous permettrait d'avancer vers l'éveil , ne me satisfait pas.


Ces 6 royaumes sont symbolisés par la "Roue de la vie" Voir ici un article de wikipédia et quelques liens pour d'avantage d'explications.

Le Bouddhisme Tibétain explique qu'une renaissance en tant qu'être humain , est vraiment exceptionnelle et "que notre adresse habituelle est plutôt dans les enfers" (Lama Zopa Rimpoché, école Gelupa).
Une seule pensée de colère peut en effet anéantir un nombre considérable de mérites , et si elle se passe au moment de notre dernier souffle, peut nous projeter dans les enfers.
C'est pourquoi , la mort pouvant arriver à tout moment, il faut immediatement nous entrainer à transformer notre esprit pour avoir au moment de notre mort de "bonnes pensées".  C'est un des buts de toutes les pratiques que nous pouvons faire et qui nous aident à developper Amour Compassion et Sagesse.

Pour ma part , il me semble que que cette manière de nous inciter"au bien" n'est pas tellement différente de la religion chrétienne, et surtout qu'elle est basée sur la peur ...

Pour moi, le seul fait de voir l'état de ce monde "d’extrême dégénérescence (toujours selon une expression de Lama Zopa Rimpoché) avec toutes ces souffrances causées par l'injustice et la misère ... devrait être suffisant, pour nous inciter à agir vers plus d'Amour de Compassion et de Sagesse...

Pas besoin de la crainte de l'enfer !


Et de plus, les "6 royaumes " nous les vivons déjà, ici et maintenant sur cette Terre en tant qu'êtres humains 
Les enfers, les habitants d'Afrique ou d’Haïti ou d'ailleurs le vivent quotidiennement sans compter les pauvres du quart monde de nos pays dit civilisés...  
Les "esprits avides" nous le sommes tous plus ou moins et en souffrons tous et d'abord peut être, "les puissants de ce monde" 

Les "demi dieux" jaloux et les "dieux" orgueilleux ... nous les voyons tous les jours à la télévision aussi , regardez ces mêmes "puissants"...

Et c'est bien pire pour les animaux surtout ceux élevés en batterie et destinés à l'abattoir...


A cela les enseignants me répondent oui certes, mais que ces mondes existent , ce sont des mondes incorporels ,  nous ne les voyons pas et que les souffrances y sont pires...


Ces mondes existent ils ? à priori ce n'est parce que nous n'en avons pas connaissance certaine qu'ils n'existent pas, c'est comme les extra terrestres, les anges, les fantômes , les dévas et autres esprits..

A cette question y a t'il re-naissance après la mort, Frère Phap Lu a répondu au cours de la dernière séance de questions réponses de notre retraite Méditation Santé et Joie de vivre au Village des Pruniers :
Il a cité  le sutra d'Anuradha
http://pleineconscience.org/?q=fr%2Fnode%2F126

Ou le Bouddha lui même a répondu à une question similaire qui lui avait été posée.
La vie après la mort? ce n'est pas une question essentielle, l'essentiel c'est de mettre fin ici et maintenant à nos souffrances


et il (Phap Lu)  a ajouté, en précisant qu'il s'agissait de l'enseignement de notre  maître à tous Thay, que le bouddhisme n'est pas une religion dogmatique, et figée , qu'il a su évoluer pour s'adapter aux différentes cultures des pays ou il s'est implanté, et les imprégner... et en particulier aux cultures Indienne et Tibétaine dont il a repris beaucoup de bases ... dont la re-naissance


http://michel1955.blogspot.com/2010/10/notre-retraite-meditation-sante-et-joie_31.html

Une explication de celui auprès de qui nous avons pris refuge et qui répond enfin aux questions que je me posais sur ce sujet...


( à suivre)
 Karma , Mort et Renaissance (2) 

 Karma, Mort et Renaissance (3)

13 novembre 2010

New AGE: spiritualité " bisounours" ou nouvelle religion mondiale?

Suite à mes reflexions sur "la Spiritualité Bisousnours" dont le nom exact est Spiritualité "Nouvel Age" et à mes premiers doutes sur l'émergence de Maitreya ...

C'est la page que j'ai crée sur Facebook pour essayer avec toutes "les ames de bonne volonté"de répondre à cette question ou plutot à ces questions ...
http://www.facebook.com/profile.php?id=1116698830#!/pages/New-AGE-spiritualite-bisounours-ou-nouvelle-religion-mondiale/159845180700514


-Est ce le signe précurseur d' une ère de fraternité universelle qui s'annonce? (Ere du Verseau)

-Est ce un "supermarché" de la spiritualité ou chacun viendrait y"consommer" ce qui lui convient ? Chogyam Trungpa parle de materialisme spirituel...

- Est ce la tentative de mise en place de la Nouvelle Religion Mondiale, base du Nouvel Ordre Mondial ?

- est ce...autre chose ? ... 
à nous de dire quoi... ce groupe a été crée pour partager nos idées sur ce sujet et afin d'y voir plus clair pour commencer à nous faire une idée,  quelques liens "impartiaux"  du moins je l'espere
mais nos avis et experiences seront aussi importants, si nous les partageons, sans nous juger les uns les autres mais en ayant toujours à l'esprit le discernement, base de la "vision juste"

"Ne prenez pas pour vrai tout ce qu’on vous dit, même si ces paroles viennent de votre maître. Ne prenez pas pour vrai tout ce qui est écrit, même si ces écritures viennent d’hommes sages. Ne prenez pas pour justes toutes les traditions, les rumeurs, les déductions, les analogies de toutes sortes. Mais lorsque vous savez par vous-mêmes que certaines choses sont fausses et mauvaises, alors renoncez-y. Et lorsque par vous-mêmes vous savez que certaines choses sont bonnes et vraies, alors acceptez-les et suivez-les".
 Le Bouddha Gautama Sakyamuni


(la photo de ce groupe, veut simplement indiquer, quelles sont les bases
des enseignements de cette spiritualité NEW age: Le chemin qui mene à
la lumière sur lequel nous guide un "maître ou gourou " )

 

New AGE spiritualité " bisounours" ou nouvelle religion mondiale? Un article de wikipedia qui me semble faire le tour de la question et de manière impartiale...

fr.wikipedia.org
Le New Age (ou Nouvel-Âge) est un courant spirituel occidental des XXe siècle et XXIe siècle, caractérisé par une approche individuelle et éclectique de la spiritualité. Défini par certains sociologues comme un « bricolage » syncrétique de pratiques et de croyances...

un « bricolage » syncrétique de pratiques et de croyances, voila aussi comment le Bouddhisme voit le New age, ainsi qu'Arnaud Desjardins dans son livre "Regards Sages sur un Monde Fou" Chapitre VI "Religion et spiritualité" la confusion New Age et le materialisme spirituel

Le Nouvel Age vous trompe !

Le mouvement New Age est très vaste et il est impossible de le cerner. Certains groupes "Nouvel Age" portent le caractère de sectes, nous signalons:
ANTHROPOS , Association pour la recherche sur le développement de l'homme
France - HUE France
La maison de Jean
Domaine d'Ephèse
http://www.info-sectes.org/newage/newage.htm

Article interressant aussi,  mais il vient d'info-sectes, un organisme gouvernemental pour qui les communautés écolo refusant la vaccination ou l'école sont des sectes... alors méfiance!

Le New-Age


Un « nouveau monde » cybersacré
Marie-Jeanne Ferreux
socio-anthropologie.revues.org

Pendant les années 1960, période de contre-culture, les Etats-Unis voient surgir une multiplicité de nouveaux mouvements religieux. Le New-Age apparaît dans un contexte historique, celui de la guerre du Viêt Nam, du racisme, de la violence, et où va prévaloir, en contrepoint, l’idée de « reconstruire » un autre monde.

L'idéologie New -Age
5/ L’objectif est simple : « Se transformer soi-même pour transformer le monde. » Le

discours a une visée politique et devient idéologique, c’est-à-dire un
discours de légitimation qui fait appel à un fondement tenu pour
incontestable et hors de portée de vérification (Dieu, loi cosmique, nécessité historique.)

 

 J'ai longuement essayé d'expliquer tout au long de mes 3 articles "Spiritualité et Politique" et en particulier sur le 2eme ... ce que voulait dire pour moi « Se transformer soi-même pour transformer le monde. »

 voir les partages sur facebook

Spiritualité et politique (3) Sur "la spiritualité bizounours"

Spiritualité et Politique (2)

 J'essaye pour cela de mettre quotidiennement en pratique le 5eme entrainement à la pleine conscience "Transformation et Guerison" (de nous mêmes et du monde qui nous entoure, inter-dépendants par nature... ) anciennement "Consommation responsable" ...ou ... consom'action

voir ici le 5eme entraînement

ou sur facebook ici  

 Et non pas accepter le monde tel qu'il est ... par la volonté d'un créateur quelquonque ... ou des puissants de ce monde ...  et ne rien faire pour le changer.

 Cet article semble rejoindre mon ressenti et me permet de le completer. Il y a beaucoup de "commercial" dans le New Age, et ceci pour des profits qui ne sont pas que spirituels, ça je le savais et m'en suis toujoours méfié ...

Par contre un paragraphe (18-3) me fait découvrir que la théosophie (Annie Besant , Alice Bailey, Benjamen Creme, Maitreya )  ne relève pas du New age mais d'autres mouvements comme les anthroposophes, les Rose-Croix, les Témoins de Jéhovah, le Mouvement Œcuménique chrétien ...

 Tous ces mouvements , le New Age comme les autres sont ils manipulés , infiltrés par les "Illuminatis" et lesquels d'entre eux ne le sont pas ?

 A NOUS D ' Y REPONDRE AVEC TOUT LE DISCERNEMENT NECESSAIRE

10 novembre 2010

Méditation sur l'impermanence

Lors du W-E du 1er nov 2010 à l'Institut Vajra Yogini de Lavaur 
où était donné un enseignement de Lama Chantal Dékyi 
"Conseils du coeur pour la mort et la fin de vie"




Préparation : -..

Asseyez-vous confortablement, le dos droit, de façon à avoir le corps bien détendu. Donnez à votre esprit le temps de se poser dans le moment présent... Laissez passer les pensées liées au passé et au futur. Prenez la décision de garder votre esprit concentré sur le sujet de votre méditation le temps de votre session.

Motivation :

Une fois votre esprit calmé et établi dans le présent, générez une motivation positive pour faire cette méditation. Vous pouvez, par'exemple, penser de la manière suivante : « Puisse cette méditation contribuer à apporter plus de paix et de bonheur à tous les êtres », ou encore : « Puisse cette méditation être une cause pour que j'atteigne l'éveil, afin que je sois en mesure d'aider tous les êtres à se libérer de la souffrance et à s'éveiller à leur tour ».

Corps de la méditation :

~Le bouddha a dit que tous les phénomènes produits sont impermamnts, ce qui signifie qu'ils changent d'instant en instant. Quand on parle de «phénomènes produits», on ne fait pas référence seulement aux choses produites en usine, comme les voitures ou les chaussures, cela comprend aussi tout ce qui vient à exister à partir de causes et de conditions, comme les plantes, les arbres, les animaux et les insectes, les montagnes et les océans, ainsi que notre corps et notre esprit. Toutes ces choses ne restent pas identiques à elles-mêmes d'un moment à un autre, mais sont en constant changement. Il ne s'agit pas là uniquement d'une théorie philosophique mais d'un fait de la vie ; c'est la façon dont les choses existent. Parce qu'on n'est pas conscient de ce fait ou qu'on n'accepte pas cette réalité, on devient attaché aux gens et aux choses — on souhaite qu'ils restent les mêmes et durent pour toujours, ce qui fait que l'on est profondément déçu quand les choses ne se passent pas ainsi. Nous familiariser avec l'impermanence des gens et des choses nous rend plus réalistes et nous libère d'une grande quantité de souffrances inutiles, et cette méditation nous y aidera.

Commencez la méditation en observant votre respiration, et devenez peu à peu conscient de son impermanence. Chaque respiration est différente de celle qui la précédait, et est différente de celle qui lui succède. A chaque respiration, vous inspirez un air différent et votre corps change avec chacune de vos inspirations : il y a des sensations différentes tant autour du nez qu'à l'intérieur des narines ; vos poumons se dilatent et se contractent, votre abdomen se soulève et redescend. C'est ainsi qu'à chaque instant, à chaque respiration, il y a changement, flux et circulation.

Ensuite pensez aux autres changements qui, à tout moment, ont lieu dans votre corps. Pensez au fait que votre corps est constitué de nombreuses parties différentes — les bras, les jambes, la tête, la peau, le sang, les os, les nerfs et les muscles - et que toutes ces parties sont elles-mêmes composées de parties plus petites, comme les cellules.
Soyez conscient du mouvement qui a lieu à chaque instant : les battements de votre cœur, la circulation de votre sang et l'énergie de vos impulsions nerveuses. A un niveau plus subtil, les cellules naissent, se déplacent, meurent et se désintègrent.
A un niveau encore plus subtil, toutes les parties de votre corps sont faites de molécules, d'atomes et de particules sub-atomiques, qui sont tous constamment en mouvement.

Conseils du cœur pour la mort et la fin de vie

1 novembre 2010

Méditation sur ce qui aide au moment de la mort

faite en ce 1er novembre 2010 à l'Institut Vajra Yogini de Lavaur dans le Tarn (81) lors d'un enseignement de Lama Chantal Dékyi


Préparation :
Asseyez-vous confortablement, le dos droit, de façon à avoir le corps bien détendu. Donnez à votre esprit le temps de se poser dans le moment présent... Laissez passer les pensées liées au passé et au futur. Prenez la décision^de garder votre esprit concentré sur le sujet de votre méditation le temps de votre session.

Motivation :
Une fois votre esprit calmé et établi dans le présent, générez une motivation positive pour faire cette méditation. Vous pouvez, par exemple, penser de la manière suivante : « Puisse cette méditation contribuer à apporter plus de paix et de bonheur à tous les êtres », ou encore : « Puisse cette méditation être une cause pour que j'atteigne l'éveil, afin que je sois en mesure d'aider tous les êtres à se libérer de la souffrance et à s'éveiller à leur tour ».

Corps de la méditation :
Tout en contemplant les points ci-dessous, apporte^ vos propres idées, vos expériences et ce que vous ave^ entendu ou lu pour illustrer chaque point. Essaye^ de ressentir chaque point. Si, à tout moment de votre méditation, vous faites l'expérience d'un sentiment fort, intuitif, lié au point que vous êtes en train d'examiner, arrête^ dépenser et reste^ concentré sur ce ressenti aussi longtemps que possible. Quand il perd de sa force ou si les distractions prennent le dessus, retourne^ à la contemplation analytique.

Peu importe ce que nous avons acquis ou développé tout au long de notre vie, qu'il s'agisse de parents ou d'amis, de richesses, de pouvoir, d'expériences de voyage etc., rien de tout cela ne nous suit dans la mort. Seul notre esprit continue, transportant les empreintes de tout ce que nous avons pensé, ressenti, dit et fait. Quand nous mourons, il est essentiel d'avoir sur son esprit le plus possible d'empreintes positives — causes d'expériences agréables — et le moins possible d'empreintes négatives — causes de souffrance. De plus, nous devrions viser à être en paix avec nous-mêmes au moment de notre mort, contents de la manière dont nous avons mené notre vie et à ne laisser derrière nous aucun conflit ouvert avec les autres.

Les seules choses qui nous soient vraiment profitables au moment de la mort sont les états d'esprit positifs tels que la foi, le non-attachement et la calme acceptation des changements qui prennent place, l'amour bienveillant, la compassion, la patience et la sagesse. Mais pour être capable d'avoir de tels états d'esprit au moment de la mort, nous avons besoin de nous familiariser avec eux pendant notre vie - ce qui est l'essence du Dharma, ou de la pratique spirituelle. Réaliser cela nous procurera la motivation et l'énergie pour commencer à pratiquer le Dharma maintenant, et pour pratiquer autant que nous le pouvons, tant que nous en avons encore le temps.

Nous pouvons faire l'expérience d'un sentiment intense de cette réalité en nous imaginant en train de mourir et en contemplant les trois points suivants.

1. Ceux que vous aimez ne sont d'aucune aide
Quand nous rencontrons des difficultés ou des situations effrayantes, nos pensées se tournent habituellement vers nos proches : notre famille, nos amis. Il est donc naturel de souhaiter être proche d'eux au moment de notre mort. Néanmoins, il se peut que cela ne se déroule pas de cette façon, il se peut très bien que nous mourrions loin de chez nous.

Mais même si ces personnes se trouvaient présent-es près de nous au moment de notre mort, seraient-elles réellement à même de nous aider ? Même si nos proches nous aiment sincèrement et ne souhaitent pas que nous mourions, ils ne peuvent empêcher la venue de ce moment. Il est de plus fort possible qu'ils soient déroutés et ne sachent pas quoi dire ou faire pour nous apaiser. Il se peut que leur tristesse et leurs inquiétudes quant à la proche séparation fassent naître les mêmes émotions dans notre propre esprit.

Quand nous mourons, nous partons seuls - personne, pas même l'être qui nous est le plus proche et le plus cher — ne peut nous accompagner. Alors, si l'on est incapable d'accepter cela ou de nous débarrasser de F attachèrent à ceux que nous aimons, notre esprit en sera agité et il nous sera très difficile d'avoir une mort paisible.
Reconnaissez l'attachement que vous avez pour votre famille et vos amis. Essayez de prendre conscience que ce fort attachement à des personnes peut s'avérer un obstacle à un état d'esprit paisible au moment de la mort ; et qu'il est donc préférable de travailler sur la diminution de cet attachement et d'apprendre à lâcher prise.

2. Vos biens et vos plaisirs ne sont d'aucun secours
Votre esprit se tournera vraisemblablement vers vos biens et vos possessions qui, au cours de votre vie, vous occupent beaucoup et qui sont sources de grands plaisirs et satisfactions. Mais est-ce que la moindre de ces choses peut vous apporter le réconfort et la paix au moment de la mort ? Vos richesses peuvent vous aider à obtenir une chambre particulière à l'hôpital et les meilleurs soins médicaux, mais c'est tout ce qu'elles peuvent faire pour vous. Elles ne peuvent pas empêcher la mort de survenir, et, quand vous mourrez, vous ne pourrez rien emporter avec vous, pas même un centime ou un vêtement. Non seulement vos possessions sont incapables de vous aider au moment de la mort, mais votre esprit pourrait très bien être perturbé à cause d'elles : qui héritera de quoi, et est-ce qu'il ou elle prendra bien soin de « vos » affaires ? Ce qui fera qu'il vous sera difficile d'avoir un état d'esprit paisible et détaché au moment de mourir.
Contemplez ces points et voyez si vous pouvez comprendre à quel point il est important d'apprendre à être moins dépendant des objets matériels et moins attaché à eux.

3. Votre propre corps ne peut vous aider
Depuis la naissance, votre corps a été un compagnon de tous les instants. Vous le connaissez plus intimement que n'importe qui ou n'importe quoi d'autre. Vous en avez pris soin et l'avez protégé, vous vous êtes fait du souci pour lui, vous l'avez maintenu en bonne santé et dans le confort, vous l'avez nourri et nettoyé, et grâce à lui, vous avez expérimenté toutes sortes de plaisirs et de souffrances. Il a été le plus précieux de vos biens.

Mais maintenant vous agonisez et cela signifie que vous allez en être séparé. Il s'affaiblira et finira par n'être plus bon à rien : votre esprit le quittera et il sera emporté au cimetière ou au crématorium. Quel bien peut-il donc vous faire désormais ?

Contemplez le sentiment de dépendance et d'attachement intense que vous avez envers votre corps et examinez le fait qu'il ne peut vous être d'aucun profit au moment de la mort. La crainte de la douleur et le regret de le quitter ne feront qu'aggraver votre souffrance.

En méditant sur ces trois derniers points, nous devrions réaliser à quel point il est important de travailler à réduire nos attachements aux êtres et aux biens de cette vie, tels que la famille et les amis, les possessions et notre propre corps. Nous devrions aussi réaliser combien il est essentiel de prendre soin de notre esprit, car c'est la seule chose qui continuera dans la vie prochaine. « Prendre soin de son esprit » signifie travailler à diminuer ses états négatifs, comme la colère ou l'attachement, et à cultiver ses qualités positive telles que la foi, l'amour bienveillant, la compassion, la patience et la sagesse.

De plus, comme les empreintes des actions commises dans cette vie accompagneront notre esprit dans la prochaine vie et détermineront quel type de renaissance et d'expériences nous aurons, il est essentiel d'essayer de faire de notre mieux pour nous abstenir de commettre des actions négatives, et pour créer le plus possible d'actions positives tout au long de notre vie.

Il est possible que vous éprouviez de la peur ou de la tristesse en faisant ces méditations. D'une certaine manière c'est plutôt bien, cela montre que vous avez pris ces idées au sérieux et que vous les avez bien contemplées. Dé plus, il est important de se familiariser avec ce que vous ressentez à propos de la mort ; ainsi vous pourrez travailler afin d'être prêt quand l'heure viendra. Cependant, vous effrayer n'est pas le but de cette méditation. Simplement avoir peur de la mort n'apporte aucune aide. Par contre, ce qui aide c'est d'avoir peur de mourir avec un état d'esprit négatif et avec de nombreuses empreintes inscrites dans l'esprit du fait d'actions négatives commises durant votre vie. Il vous faut acquérir une réalisation puissante qu'il serait terrible de mourir ainsi, afin que vous viviez votre vie avec sagesse, accomplissant autant de choses positives et bénéfiques que possible.

De plus, la peur s'élève parce que nous nous accrochons à l'idée d'un soi permanent — en fait, une telle chose n'existe pas, c'est une perturbation qui n'apporte que souffrance. Si nous gardons la mort à l'esprit avec tranquillité et ouverture, cette saisie se desserrera peu à peu, nous permettant d'être attentifs et de rendre chaque action positive et bénéfique, tant pour nous-mêmes que pour les autres. Et avoir conscience de la mort nous procure une immense énergie pour ne pas gâcher notre vie, mais pour en tirer le meilleur parti possible.

Conclusion et dédicace :
Concluez la méditation avec la pensée optimiste que vous avez en vous toutes les possibilités de rendre votre vie significative, bénéfique et positive, et que de cette façon vous pourrez mourir l'esprit en paix. Souvenez-vous de la motivation que vous aviez générée au début de la méditation et dédiez les mérites engendrés par cette méditation dans le même but, pour le bien de tous les êtres.









Colophon : Traduction française : Philippe Penot (août 2003), 'Lobsang Détchèn (octobre 2009) et extraits de Comment Méditer. Extrait et arrangé à partir du matériel de Découverte du Bouddhisme par Lobsang Détchèn, octobre 2009.


 Photos du centre Bouddhiste Tibétain "Institut Vajra Yogini" à Lavaur