En train de devenir... Comment lâcher prise,tout en ne lâchant rien

Blog de Tâm Chân Hanh (Action Juste du Cœur)-un bouddhiste engagé plutôt du coté "extrême gauche" (la Gauche radicale , ANTI-CAPITALISTE) - pour un autre monde possible, plus juste, plus fraternel et plus humain.

Depuis mon départ à la retraite ...

il y a 2 mois
Qu'ai je fait de mes journées?
Rien ou presque rien, à première vue (de celles et ceux qui ne me connaissant pas, me voyaient m'enfermer chez nous (...)

31 décembre 2016

Noel des anarchistes

Je ne partage pas tout ce qui est dit dans ce texte que je viens de découvrir en ce Noël 2016 et en particulier cette aversion des prêtres ... (il y en a beaucoup de très bien et très engagés , partout dans le monde, à commencer par notre Pape François)

mais je suis  d'accord sur le fond, sur ce que fut le Christ et sur le "

Et comprenons que tous les Pouvoirs, qu’ils soient religieux, civils ou militaires, ont pour fin la destruction de l’Homme. Les maîtres n’ont d’autre ambition que d’augmenter le nombre de leurs esclaves. Leur ennemi, c’est l’homme libre, et quand ils ne peuvent ni le dompter pour en faire un esclave, ni le corrompre en lui faisant sa place parmi les maîtres, ils n’ont d’autre ressource que la crucifixion. Ainsi périt Jésus, sans haine et sans orgueil, conscient de l’inconscience de ses persécuteurs. Non point en héros et par soif du martyre, mais humainement et par impossibilité de vivre dans un monde où triomphe la force et où il n’y a pourtant de salut que par le refus de forcer. L’homme libre, comme le Christ, doit mépriser les puissances, et mourir humblement."

Noël des anarchistes

vendredi 13 février 2009
par  Pascal (Georges)

Il importe peu que l’histoire du Christ soit réelle ou légendaire ; la vérité historique, ici, nous est indifférente. Puisqu’en ces jours de Noël tant d’hommes vont célébrer la naissance du Christ, il est bon que les hommes libres — c’est ainsi que j’appelle les anarchistes — se souviennent que la figure du Christ, pour eux, n’est pas sans signification.
Et d’abord rappelons-nous que Joseph était un pauvre charpentier et que Jésus est né dans une étable. Grande leçon déjà, car c’est assez dire que la richesse ne mérite aucun respect, et que les prêtres, à l’Église, ne devraient pas réserver les meilleurs bancs aux riches. Au contraire, c’est la pauvreté qui mérite respect, honneur, adoration. Non point pitié, mais respect. Car il faut ordinairement plus de courage pour rester pauvre que pour s’enrichir. En nos temps surtout, la richesse est facile, pourvu qu’on ne soit pas difficile sur les moyens. Non point pitié pour le pauvre, mais honneur au pauvre, parce qu’il est courageux. Non point pitié mais adoration, car c’est dans les pauvres que l’on peut espérer ; comment faire confiance à ceux qui ont préféré la richesse ? Si l’humanité peut recevoir quelque bien, c’est des pauvres qu’elle le recevra, de ceux qui vivent pour autre chose que pour devenir riches. L’homme libre, comme le Christ, doit savoir mépriser les richesses, et vivre pauvrement.
Rappelons-nous aussi quelle fut la vie du Christ. Il fut celui qui ne fit de mal à personne et qui fit beaucoup de bien. Il fut celui qui ne méprisait personne et, en tout homme, cherchait à reconnaître son semblable. Les prêtres disent que nous sommes frères en Christ, mais ils ne comprennent pas ce qu’ils disent ou du moins ils font comme s’ils ne le comprenaient pas. Car cela ne signifie nullement que l’on doive faire quelque différence entre les hommes selon la couleur de leur peau, selon le pays où ils sont nés, selon leur situation sociale, selon leurs opinions et croyances. Mais au contraire dire que les hommes sont frères en Christ, c’est dire que tous les hommes sont frères parce qu’ils sont hommes ; c’est dire que sur l’Égalité se fonde la Justice, et que la suprême vertu est la Fraternité, que les prêtres appellent du nom méprisant de charité. C’est dire que toute guerre est fratricide et que rien ne peut justifier le massacre des Innocents. Mais il ne suffit pas de le dire. L’homme libre, comme le Christ, doit savoir refuser la violence, et vivre justement.
Enfin, rappelons-nous comment le Christ est mort, par quelle alliance de prêtres, de soldats et d’administrateurs il fut mis à la croix. Et comprenons que tous les Pouvoirs, qu’ils soient religieux, civils ou militaires, ont pour fin la destruction de l’Homme. Les maîtres n’ont d’autre ambition que d’augmenter le nombre de leurs esclaves. Leur ennemi, c’est l’homme libre, et quand ils ne peuvent ni le dompter pour en faire un esclave, ni le corrompre en lui faisant sa place parmi les maîtres, ils n’ont d’autre ressource que la crucifixion. Ainsi périt Jésus, sans haine et sans orgueil, conscient de l’inconscience de ses persécuteurs. Non point en héros et par soif du martyre, mais humainement et par impossibilité de vivre dans un monde où triomphe la force et où il n’y a pourtant de salut que par le refus de forcer. L’homme libre, comme le Christ, doit mépriser les puissances, et mourir humblement.
Il ne faut pas laisser aux prêtres, le soin de célébrer Noël ; le Christ ne leur appartient pas ; Noël est la fête des Hommes Libres.
Georges Pascal

 https://www.la-presse-anarchiste.net/spip.php?article2002

26 décembre 2016

Marx et Jesus même combat

1ere publication 27/12/2009 
 
Après JÉSUS selon la voie ésotérique théosophique, un autre texte volontairement provocateur, en cette période de Noël, pour vous présenter les réflexions de Yann GERMAIN membre du Parti Communiste Français et converti au Christianisme après un parcours personnel qu’il explique sur son site.  (Texte découvert début 2007 )

Ses réflexions rejoignent tout à fait les miennes sur les liens très étroits qu’il peut y avoir entre les fondements des grands textes sacrés, et notre combat pour un autre monde possible, plus fraternel plus juste et plus humain...

Et c’est vraiment regrettable que des millions de celles et ceux qui pratiquent ces religions ou s’en réclament, le font en ayant oublié l’essence même de leur foi.

C’est peut être à nous militants altermondialistes, qui avons toutes et tous dans nos familles ami-e-s, collègues... des pratiquants de l’une ou l’autre de ces religions... de le leur rappeler.

Pour vous présenter les réflexions de Yann je n’ai rien fait d’autre que des "copier coller " de larges extraits de sa page "Les liens entre le communisme et le christianisme" 
extraits de http://membres.lycos.fr/yanngermain/jesus.html

Ces pages "originelles"... ont malheureusement disparu ...ah l'impermanence ! 

mais heureusement ces extraits ont été publiés à leur tour sur cet autre site

 http://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/03/01/8149699.html


Les liens entre le communisme et le christianisme



Je tiens tout d’abord à mettre les choses au point :
Le christianisme n’a rien à voir avec l’Inquisition, les Croisades ou toutes les horreurs qu’on a pu commettre en son nom. Les personnes qui ont commis ces crimes au nom de Jésus se sont servis de la foi des gens pour s’installer au pouvoir et défendre leurs privilèges (Rois "de droit divin", Papes, Georges W.Bush...) mais elles ont en fait adopté une attitude à l’opposée même du christianisme et de ses valeurs de partage, d’amour, de paix et de tolérance.

Il s’est passé la même chose avec le communisme. Le communisme n’a absolument rien à voir avec le stalinisme et ses copies (maoïsme en Chine, Corée du Nord...).
En effet le communisme correspond à un système politique, économique et social qui est :


  • entièrement démocratique (démocratie directe avec référendums, participation de la population à toutes les décisions, autogestion des entreprises par les travailleurs et les usagers)




  • égalitaire (il n’y a pas d’un côté des milliardaires et de l’autre des SDF ou des gens qui meurent de faim)




  • propriété collective des moyens de production (entreprises, usines, infrastructures...) mais propriété collective aux mains du peuple et non pas aux mains de bureaucrates comme c’était le cas en URSS. C’est à dire : nationalisation de l’ensemble des moyens de production (entreprises, usines), des terres, des banques mais une nationalisation sous le contrôle des travailleurs et des citoyens




  • il n’y a pas de KGB, ni de Goulag et pas de parti unique comme en ex-URSS ou en Europe de l’Est.


Pour résumer, le communisme c’est un système qui défend la démocratie politique mais aussi (et c’est là la principale différence avec le capitalisme) la démocratie économique et sociale. Dans un système capitaliste la démocratie s’arrête à la porte de l’entreprise alors que dans le communisme la démocratie est présente à tous les niveaux, sans exception.

(...)
En effet dans un système réellement communiste les entreprises, les terres... appartiennent à la collectivité et c’est le peuple qui gère les entreprises d’une manière démocratique (autogestion). Alors que dans les pays staliniens c’était la Nomenklatura qui dirigeait l’économie et le monde politique.
Dans un système communiste, le peuple décide démocratiquement comment doivent fonctionner les entreprises, ce qu’elles doivent produire, à quel coût, à quel prix... alors que dans un système capitaliste ce sont les actionnaires et les patrons qui décident cela (et dans un système stalinien c’est la Nomenklatura qui décide cela).


En URSS les entreprises étaient propriété de l’État mais ce n’était pas du communisme car le peuple ne gérait pas lui-même ces entreprises. De même que par exemple en France l’entreprise publique (propriété de l’État) La Poste n’est pas une entreprise communiste car les usagers et employés n’en ont pas le contrôle, c’est donc simplement une entreprise capitaliste d’État (comme en URSS).
Le communisme n’a encore JAMAIS été appliqué à part à petite échelle (monastères, premières communautés chrétiennes, autogestion en Espagne durant la guerre civile, entreprises autogérées à l’heure actuelle en Argentine, au Brésil et en Uruguay... un article à lire  sur l’autogestion en Amérique du Sud) donc les millions de morts que l’on impute à tort au "communisme" (et qui sont en fait dus aux régimes staliniens qui par définition sont non-communistes) ne sont pas la conséquence de l’application du communisme qui je le répète n’a encore jamais été appliqué. 


Tout d’abord il faut s’intéresser aux valeurs défendues par le communisme et le christianisme.
En effet, les deux défendent :

- l’égalité entre les hommes

- la solidarité, la recherche du bien commun

- les pauvres, les exclus, les opprimés face aux puissants, aux riches, à ceux qui détiennent le pouvoir et écrasent les plus petits
et refusent l’égoïsme et l’attitude qui consiste à ne se préoccuper que de ses intérêts, de ses affaires sans se soucier des répercussions sur les autres.


  • Voyons maintenant la définition du communisme dans le Petit Larousse :


Doctrine prônant 1 l’abolition de la propriété privée au profit de la 2 propriété collective, et notamment, la collectivisation des moyens de production et la 3 répartition des biens de consommation selon les besoins de chacun ; état correspondant de la société
Les premiers chrétiens étaient donc communistes (ce n’est pas moi qui le dis mais la Bible) :

"La multitude de ceux qui avaient adhéré à la foi avait un seul coeur et une seule âme ; 1 et personne ne se disait propriétaire de ce qu’il possédait, 2 mais on mettait tout en commun. C’est avec une grande force que les Apôtres portaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et la puissance de la grâce était sur eux tous. Aucun d’entre eux n’était dans la misère, car tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, et ils en apportaient le prix pour le mettre à la disposition des Apôtres. 3 On en redistribuait une part à chacun des frères au fur et à mesure de ses besoins. Joseph, que les Apôtres avaient surnommé Barnabé (ce qui veut dire : l’homme du réconfort), était un lévite originaire de Chypre. Il avait une terre, il la vendit et en apporta l’argent qu’il déposa aux pieds des Apôtres."
(Actes des Apôtres 4, 32-37)

Un autre extrait :
"Les apôtres font beaucoup de choses extraordinaires et étonnantes, et les gens sont frappés de cela. Tous les croyants sont unis et ils mettent en commun tout ce qu’ils ont. Ils vendent leurs propriétés et leurs objets de valeur, ils partagent l’argent entre tous, et chacun reçoit ce qui lui est nécessaire. Chaque jour, d’un seul coeur, ils se réunissent fidèlement dans le temple. Ils partagent le pain dans leurs maisons, ils mangent leur nourriture avec joie et avec un coeur simple."
(Actes des Apôtres 2, 43-46)
 
Le "au fur et à mesure de ses besoins" est très important. En effet, selon Karl Marx la société communiste sera une société "de chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins".
Les deux formules sont étrangement proches...
 


  • Parfois on fait la remarque suivante : "le marxisme est incompatible avec le christianisme car la Bible ne condamne pas la propriété privée".


Cette remarque est fausse.
En effet la Bible recommande la propriété collective intégrale ("ils mettent TOUT en commun"). Qui plus est les premiers chrétiens ont aboli la propriété privée ("personne ne disait propriétaire de ce qu’il possédait").


  • De plus, le capitalisme en tant que système économique est contraire au christianisme.


Je m’explique.
Quand un salarié produit quelque chose (un bien ou un service), il crée une richesse et reçoit en contrepartie un salaire. Or le salaire est inférieur à la richesse produite (la différence s’appelle profit, ou bénéfice).
Ce profit, fruit du travail des salariés, devrait normalement être restitué aux salariés ou, s’il est réinvestit dans la production, être réinvestit par ces salariés qui décideraient de la façon dont il doit être réinvestit.
Mais dans les faits c’est le patron qui s’accapare ce profit. Et qu’en fait-il ?
- il s’en sert pour se payer un salaire immense (les grand patrons ont des salaires de plusieurs millions d’euros soit l’équivalent de 100 ou 1 000 fois le salaire d’un ouvrier)

- une partie importante du profit est reversée en dividende aux actionnaires de l’entreprise. Or les actionnaires n’ont pas participé à la production et ont donc ainsi un revenu qu’il n’ont pas mérité (ils reçoivent de l’argent sans même travailler)

- le reste du profit qui est réinvestit pour améliorer la production est géré par le patron alors que ce devraient être les travailleurs qui gèrent ce profit puisque ce sont ces travailleurs qui ont réalisé par leur travail ce profit.
Le fait que les patrons et les actionnaires s’accaparent le profit, fruit du travail des salariés, est donc une forme de vol.

Or le vol est interdit par le VIIIème commandement ("Tu ne déroberas point." Exode 20, 15).
Le système capitaliste est basé sur une violation d’un des 10 commandements.
En outre, le fondateur du capitalisme, l’économiste Adam Smith, proposa ce que l’on a appelé une "morale de l’intérêt" : chacun doit poursuivre son intérêt égoïste et, de la sorte, l’intérêt de la société dans son ensemble sera servi. Par exemple, Smith écrit "nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme" (Richesse des nations - chapitre 2 : Du principe qui donne lieu à la division du travail). 

Ainsi, il faut privilégier d’abord son intérêt personnel avant celui des autres, de l’ensemble de la communauté.
Mais nous voyons bien que cela ne profite pas à l’ensemble de la société puisqu’il y a toujours des centaines de millions de personnes dans le monde qui n’ont pas accès à l’eau potable, n’ont pas assez à manger... De plus, cette mise en avant de l’égoïsme au détriment de l’humanisme est contraire avec ces paroles de Jésus :
"Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C’est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépendent toute la loi et les prophètes"
(Évangile selon Matthieu 22, 37-40)
Un autre fondement du capitalisme se trouve donc être contraire à l’un des deux plus grands commandements du christianisme !



  • Voyons maintenant quelques exemples de liens entre christianisme et communisme :



 
En Angleterre aux 14ème et 15ème siècles, se trouve le mouvement communiste chrétien des Lollards dans lequel on affirme que "Quand Ève filait et Adam bêchait", il n’y avait ni riches ni nobles.
Des mouvements similaires, les Frères Moraves et les Frères suisses (surnommés "Anabaptistes"), communistes, féministes et pacifistes, se manifestent sur le Continent aux 15ème, 16ème et 17ème siècles, et ont des groupes en Grande-Bretagne.

De même, d’autres prédicateurs Baptistes, civils ou militaires, fondent une Commune de squatters : les Diggers qui se nomment ainsi en l’honneur d’un groupe de travailleurs révolutionnaires de 1608. La fondation de ladite commune doit n’être qu’une étape dans l’édification de la République Chrétienne Communiste Universelle. Ils mettent tout en commun.

À cette époque un certain nombre de Quakers sont communistes.
Un certain nombre d’anabaptistes avaient des vues révolutionnaires sur l’organisation politique et sociale, alimentées par la misère extrême des classes populaires d’alors. Luther, d’après eux, n’avait réalisé que la réforme religieuse ; il fallait mettre celle-ci en application dans la société même, et réaliser le communisme religieux prêché, selon eux, par l’Évangile.
Une tentative d’application de cette doctrine a eu lieu à Münster en Westphalie (Allemagne) en 1532 sous la direction d’un tailleur, Johann Bockhold (1509-1536) aussi appelé Jean de Leyde. La ville fut pendant trois ans aux mains des révoltés qui y instituèrent la communauté des biens. Finalement, la révolte fut noyée dans le sang en 1535.
Un autre anabaptiste célèbre fut Karlsatadt.
Mais le plus célèbre de ces anabaptistes est sans nul doute Thomas Münzer. Page 114 de son livre Sur la religion (éditions sociales-1972) Engels parle de la guerre des paysans de l’Europe Centrale dirigée par le théologien Thomas Münzer (1489-1525) dont le programme "était moins la synthèse des revendications de plébéiens de l’époque qu’une anticipation géniale des conditions d’émancipation des éléments prolétariens en germe parmi les plébéiens, exigeait l’instauration immédiate sur terre du Royaume de Dieu".
Engels dira en outre de lui que "son programme politique frisait le communisme". Engels le qualifiera également de "prophète de la Révolution".
Thomas Münzer a dis que pour lui "le royaume de Dieu n’était pas autre chose qu’une société où il n’y aurait plus aucune différence de classe, aucune propriété privée, aucun pouvoir de coercition indépendant des membres de la société".
Des groupes animés en Toscane entre 1860 et 1878 par David Lazzaretti, paysan et ermite, qui, allant d’une congrégation de type franciscain primitif à une sorte de tiers ordre, constituent "une société communiste de travail et de consommation".
Source ici et ici
À lire un article sur ce sujet
 
Engels a constaté l’existence de plusieurs communautés chrétiens communistes notamment les shakers. Ces communautés (une dizaine) ont été crées aux États-Unis au début du 19ème siècle. Elles mettent tous leurs biens en commun.
Un autre exemple est celui de la communauté luthérienne des rappites qui date de la même époque. Elle fut créée en Pennsylvanie (États-Unis). Voici quelques-une des règles de cette communauté :

- chacun met en commun ce qu’il a, sans prétendre à aucun avantage en retour

- dans la communauté tous sont égaux

- chacun travaille uniquement pour le bien-être de toute l’association et non pour soi

- la communauté s’engage à fournir à chaque membre et sa famille les denrées nécessaires à la vie, et à apporter les soins adéquats aux malades et aux vieillards ; si les parents meurent ou s’en vont en laissant les enfants, c’est la communauté qui pourvoira à leur éducation.
À lire la description de ces communautés par Engels
Les Moines et surtout les Franciscains du Moyen-Âge étaient un mouvement chrétien farouchement anticapitaliste ayant pour but la restauration du communisme chrétien des premiers siècles de l’Église. Et François d’Assise, qui sera déclaré saint par l’Église catholique.
Les protestants baptistes et les piétistes au 17ème siècle étaient souvent niveleurs (communistes protestants).
Le mouvement chrétien Réveil piétiste allemand au 18ème siècle était lui aussi un mouvement communisant.

L’historien Arthur Bestor a fait le recensement des témoignages écrits sur les communes socialistes chrétiennes des dix-septième, dix-huitième et dix-neuvième siècles aux États-Unis et ces témoignages faits par des Américains et par des visiteurs concordent presque tous pour dire que ces communautés socialistes étaient des réussites au niveau économique. Ces communautés ont été fondées par les Mennonites, les Piétistes, l’Église protestante de Moravie. En Moravie (actuelle République Tchèque) justement une communauté communiste et protestante a été créée au 17ème siècle : la communauté des Huttérites. Les huttérites ont ensuite émigré en Amérique du Nord pour fuir les persécutions à leur encontre. Leurs descendants vivent encore en petites communautés où la propriété privée n’existe pas et où l’argent est mis en commun.
Dans les communautés Jesus People de Chicago qui existent toujours à l’heure actuelle tous les revenus sont mis en commun.
Source ici et ici

L'intégralité des exemples sur ce site 
http://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/03/01/8149699.html


  • Et maintenant quelques extraits de la Bible :


"Si quelqu’un possède les biens du monde et que, voyant son frère dans le besoin, il lui ferme ses entrailles, comment l’amour de Dieu demeure-t-il en lui ?"
(Première Épître de Jean 3, 17)

 
"Jésus disait à ses disciples  : "Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé parce qu’il gaspillait ses biens. Il le convoqua et lui dit : "Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires." Le gérant pensa : "Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance ? Travailler la terre ? Je n’ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, je trouve des gens pour m’accueillir." Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : "Combien dois-tu à mon maître ? - Cent barils d’huile." Le gérant lui dit : "Voici ton reçu  ; vite, assieds-toi et écris cinquante." Puis il demanda à un autre : "Et toi, combien dois-tu ? - Cent sacs de blé." Le gérant lui dit : "Voici ton reçu, écris quatre-vingts." Ce gérant trompeur, le maître fit son éloge : effectivement, il s’était montré habile, car les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. Et bien moi, je vous le dis : 

Faites-vous des amis avec l’Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. Celui qui est digne de confiance dans une toute petite affaire est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est trompeur dans une petite affaire est trompeur aussi dans une grande. Si vous n’avez pas été dignes de confiance avec l’Argent trompeur, qui vous confiera le bien véritable ? Et si vous n’avez pas été dignes de confiance pour des biens étrangers, le vôtre, qui vous le donnera ? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera le premier, et aimera le second ; ou bien il s’attachera au premier, et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent."
(Évangile selon Luc 16, 1-13)
 
"Et voici, un homme s’approcha, et dit à Jésus : Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ?
Il lui répondit : Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Un seul est le bon. Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. Lesquels  ? lui dit-il.
Et Jésus répondit : Tu ne tueras point ; tu ne commettras point d’adultère ; tu ne déroberas point ; tu ne diras point de faux témoignage ; honore ton père et ta mère ; et : tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Le jeune homme lui dit : J’ai observé toutes ces choses ; que me manque-t-il encore ?
Jésus lui dit : Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel.
Puis viens, et suis-moi.
Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s’en alla tout triste ; car il avait de grands biens. 


Jésus dit à ses disciples : Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux.
Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.
"
(Évangile selon Matthieu 19, 1-24)
 
"Écoutez-moi, vous, les gens riches  ! Pleurez, lamentez-vous, car des malheurs vous attendent. Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites, votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille vous accusera, elle dévorera vos chairs comme un feu. Vous avez amassé de l’argent, alors que nous sommes dans les derniers temps ! Des travailleurs ont moissonné vos terres, et vous ne les avez pas payés  ; leur salaire crie vengeance, et les revendications des moissonneurs sont arrivés aux oreilles du Seigneur de l’univers. Vous avez recherché sur terre le plaisir et le luxe, et vous avez fait bombance pendant qu’on massacrait des gens. Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué, sans qu’il vous résiste."
(Épître de Jacques 5, 1-6)


"Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous.
Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés.
Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
"
"Mais malheureux êtes-vous, les riches  ! car vous avez votre consolation.
Malheureux êtes-vous, qui êtes repus maintenant ! car vous aurez faim.
"
(Évangile selon Luc 6, 20-25 - Cet extrait est plus connu sous le nom de Béatitudes)


"Mon âme exalte le Seigneur,
et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur,
parce qu’il a jeté les yeux sur l’abaissement de sa servante. Oui, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,
car le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Saint est son nom,et sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au coeur superbe.
Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles,
Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides.
Il est venu en aide à Israël, son serviteur, se souvenant de sa miséricorde,
selon qu’il l’avait annoncé à nos pères - en faveur d’Abraham et de sa postérité à jamais !
"
(Évangile selon Luc 1, 46-55 - Cet extrait est plus connu sous le nom de Magnificat)


"Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie.
Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d’ulcères,
et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères.
Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham
(le paradis). Le riche mourut aussi, et il fut enseveli.
Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein.
Il s’écria : Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme.
Abraham répondit : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres.
D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire.
Le riche dit : Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père ; car j’ai cinq frères.
C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments.
Abraham répondit : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent.
Et il dit : Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront.
Et Abraham lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait.
"
(Évangile selon Luc 16, 19-31)
 
"Tu n’exploiteras pas ton prochain et ne le spolieras pas : le salaire de l’ouvrier ne demeurera pas avec toi jusqu’au lendemain matin."
(Lévitique 19-13)

"Aux yeux de Dieu notre Père, voici la façon parfaite de pratiquer la religion : prendre soin des orphelins et des veuves dans leur malheur, ne pas se laisser salir par les choses du monde. La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde.
Mes frères et mes soeurs, vous croyez en Jésus-Christ, notre Seigneur plein de gloire. Alors ne faites pas de différence entre les gens.
Mes frères, que votre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ soit exempte de toute acception de personnes.
Prenons un exemple : un homme vient là où vous êtes réunis. Il porte une bague en or et des habits très beaux. Un pauvre vient à la même réunion, il est mal habillé.
Supposez, en effet, qu’il entre dans votre assemblée un homme avec un anneau d’or et un habit magnifique, et qu’il y entre aussi un pauvre misérablement vêtu ;
Vous montrez plus de respect à l’homme qui porte les beaux habits et vous lui dites : « Vous, asseyez-vous ici, à cette bonne place  ! » Au pauvre, vous dites : « Toi, reste debout ! » ou bien : « Assieds-toi là, par terre, à mes pieds ! »
si, tournant vos regards vers celui qui porte l’habit magnifique, vous lui dites : Toi, assieds-toi ici à cette place d’honneur ! et si vous dites au pauvre : Toi, tiens-toi là debout ! ou bien : Assieds-toi au-dessous de mon marchepied !

Quand vous agissez ainsi, est-ce que vous ne faites pas des différences entre vous ? Est-ce que vous ne jugez pas avec un coeur mauvais ? ne faites-vous pas en vous-mêmes une distinction, et ne jugez-vous pas sous l’inspiration de pensées mauvaises ?

Écoutez, mes frères et mes soeurs très aimés ! Est-ce que Dieu ne choisit pas justement ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ? Il veut les rendre riches en leur donnant la foi, il veut qu’ils reçoivent le Royaume promis à ceux qui ont de l’amour pour lui.
Écoutez, mes frères bien-aimés : Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu’ils soient riches en la foi, et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment ?

Mais vous, vous méprisez les pauvres ! Pourtant, qui vous écrase ? Qui vous traîne devant les tribunaux ? Ce sont les riches, n’est-ce pas ?
Et vous, vous avilissez le pauvre ! Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment, et qui vous traînent devant les tribunaux ?

Ce sont les riches qui se moquent du beau nom que Dieu vous a donné.
Ne sont-ce pas eux qui outragent le beau nom que vous portez ?

(Épître de Jacques 1, 27 - 2, 7)


Au fait, le capitalisme et la société de consommation utilisent abondamment le prêt à intérêt (crédit).
Mais que dit la Bible à ce sujet ?
"Si tu prêtes de l’argent à un compatriote, à l’indigent qui est chez toi, tu ne te comporteras pas envers lui comme un prêteur à gages, vous ne lui imposerez pas d’intérêts."
(Exode 22, 24)
Ne faudrait-il pas revoir notre système bancaire ?

D'autres extraits ici... ainsi que la totalité de ce magnifique texte
http://alainindependant.canalblog.com/archives/2008/03/01/8149699.html

25 décembre 2016

JESUS...

 page mise en ligne au lendemain de noël de l'année  2009

Page d'un superbe site que j'ai découvert hier 25 décembre 2009 en ce jour de Noël,  et que je prends comme un cadeau de Noël pour m'encourager à poursuivre sur mon chemin spirituel, et à l'approfondir,  car il n'y a pas de hasard...
http://pagesperso-orange.fr/revue.shakti/jesus.htm

ayant mal compris "les conditions d'utilisation à des fins collectives",(Echanges/infos.)
j'avais juste mis un lien sur facebook, qui a suscité de nombreux échanges tous aussi intéressants les uns que les autres. (sur les compléments ésoteriques)
Ne désirant pas que tous ces beaux échanges se perdent dans la jungle de facebook, je les intègre également. Oui je sais lol :) ... l'impermanence, il me faut la cultiver ...


 

Jésus



Introduction

Jésus "de Nazareth" est né en Palestine, à Bethléem, il y a environ 2000 ans, entre 4 et 7 "avant J-C" selon les historiens. Son enseignement, relaté dans les Évangiles, est à l'origine du christianisme. Le nom Jésus vient de l’araméen (langue que parlait Jésus) Yehoshuah, ou Joshua en grec c'est-à-dire "Yahvé sauve"; le terme Christ vient du grec christos, lui-même de l’hébreu mashiakh soit "messie", celui qui a été oint. Les premiers apôtres ont employé le terme "Christ" et L’Église utilisera plus tard le terme "Jésus-Christ", montrant qu'il était le messie annoncé par la bible.
Jésus, statue de l'église de Quimperlé, en Bretagne.
L’existence de Jésus a été attestée en 75 après J-C par l'historien juif Flavius Josèphe (37-100) dans son ouvrage "La guerre des juifs".

La vie de Jésus est connue à travers les Évangiles, les Epîtres de St-Paul, les Actes des Apôtres et des témoignages regroupés sous le nom d’Evangiles apocryphes (attribués aux apôtres Thomas et Jacques et à diverses personnes). Beaucoup de recherches sur sa vie ont été faites, sans apporter d'éléments historiques au sens des historiens.
Dans l’islam et dans le judaïsme, Jésus est présenté comme un prophète:
  • le Coran indique, dans la sourate de Marie, que l'Ange Gabriel a annoncé à Marie la naissance d’un fils,
  • le Talmud contient des éléments de la vie de Jésus.
Ernest Renan a apporté un éclairage en 1863 avec la publication de "La Vie de Jésus", présentant Jésus comme un "homme incomparable" mais doutant de l'authenticité des miracles qui lui étaient attribués, et en l'associant à l'activité des esséniens. Cela devait entraîner une polémique considérable parmi les milieux chrétiens conservateurs.
Albert Schweitzer a publié ses "Recherches sur la vie de Jésus" en 1906; sa conclusion est que rien d'historique ne pouvait être tiré des documents connus. François Mauriac a écrit aussi une "Vie de Jésus".
En 1947, la découverte des rouleaux de la Mer Morte a apporté un éclairage incontestable, donnant en partie raison à Ernest Renan à propos des esséniens, et en mettant en relief le rôle du "Maître de Justice".

La vie de Jésus selon les Evangiles

Des variantes existent dans les Evangiles; la version suivante est une synthèse parmi d'autres. La jeunesse
Les Evangiles selon St Matthieu et St Luc relatent la naissance et l’enfance de Jésus assez brièvement. Tous deux font remonter son ascendance à Abraham et à David.
La naissance de Jésus est annoncée à Marie par l’archange Gabriel. Jésus naît à Bethléem, où Marie et Joseph s’étaient rendus pour le recensement. L’annonce de la naissance de Jésus le Sauveur, est faite à des bergers qui se rassemblent autour de l'enfant.
Le roi Hérode, craignant la venue d’un "Sauveur", organise le massacre des innocents en faisant tuer tous les enfants de moins de deux ans. Marie et Joseph s'enfuient en Egypte avec Jésus (Evangile selon St Matthieu). Quelques années plus tard, la famille revient et s'établit en Galilée, à "Nazareth".
La vie publique de Jésus
Elle commence avec la rencontre de Jean-Baptiste vers 27. Ce prophète revient d'une longue préparation dans le désert avec des esséniens. Il annonce sur les bords du Jourdain, que le royaume de Dieu est proche. Il pratique le baptême par immersion.
Jésus demande à Jean-Baptiste de le baptiser ; Jean-Baptiste le désigne comme l'Agneau de Dieu (Evangiles de St Matthieu, St Luc et St Marc) ; Jésus voit alors arriver sur lui L'Esprit Saint sous forme d'une colombe.
Jean-Baptiste baptise Jésus, cathédrale de Chartres.
Après le baptême, Jésus se retire dans le désert pendant quarante jours pour méditer (cette période est appelée "tentation au désert", dans les Evangiles selon St Matthieu et St Luc). Jean-Baptiste est arrêté pour avoir reproché au roi Hérode d'épouser la femme de son frère. Et il est décapité à la demande de la fille du roi, sur le conseil de sa mère.
Jésus demande aux disciples de Jean-Baptiste de le suivre: ceux-ci sont des pêcheurs au bord du lac de Tibériade: André, Jean, Simon-Pierre qui sera le futur St Pierre et Jacques le majeur. Jésus retourne avec eux en Galilée, retrouve sa maison puis se rend à Capharnaüm.
Il commence son enseignement autour du Lac de Tibériade, centré sur l’amour de Dieu pour les faibles et les pauvres, et qui promet le pardon et la vie éternelle pour les pécheurs. Cet enseignement fait partie du Sermon sur la montagne et les Béatitudes. Les célèbres paraboles (vingt cinq dans les Evangiles), comparaisons par lesquelles Jésus dévoile des vérités, sont alors prononcées (comme le bon samaritain, l'enfant prodigue, le grain de sénevé...).
Jésus insiste sur la sincérité morale plutôt que sur le strict respect des principes de la loi juive.
Jésus choisit par la suite huit disciples, qui forment, avec les quatre premiers, les douze apôtres: Philippe, Barthélémy, Matthieu, Thomas, Jacques le mineur, Simon, Jude et Judas Iscariote.
Après un nouvel exode avec ses disciples, dans un endroit désert, Jésus voyant une grande foule venue pour l'écouter, prêche longuement. Alors le miracle de la multiplication des pains s'opère faisant manger cinq mille personnes avec cinq pains et deux poissons. Peu après, Jésus voyant les disciples bloqués dans une barque à contrevent, marche sur la mer et les rejoint dans la barque ; dès lors le vent se calme.
L'opposition croissante des juifs, notamment des pharisiens, n'empêche pas la popularité de Jésus d'augmenter. Il continue à enseigner en Galilée et à ses disciples. Il opère des guérisons sur des aveugles, des paralysés. Il se rend à Béthanie, village proche de Jérusalem, où il produit la résurrection de Lazare (Evangile selon St Jean).
Puis arrive la Transfiguration: révélation que Jésus est le Fils de Dieu; elle se produit quand Jésus emmène ses disciples Pierre, Jacques et Jean sur le mont Thabor: "Et il fut transfiguré devant eux: son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière". En même temps, les prophètes Moïse et Élie apparaissent aux disciples et une "voix de la nuée" dit "Celui-ci est mon fils bien-aimé, qui a toute ma faveur; écoutez-le" (Evangiles selon St Matthieu, St Marc et St Luc) (Evangiles selon St Matthieu, St Marc et St Luc).
Des disciples se groupent alors autour de Jésus. Un jour que Jésus prie, un des disciples lui demande comment prier: alors Jésus donne le "Notre Père" (Evangile selon St Luc).
A l’approche de la Pâque
Jésus se rend à Jérusalem. Il chasse les marchands du Temple (autorisés à commercer); alors commencent les confrontations avec les grands prêtres juifs, les scribes, les pharisiens et les sadducéens. Ceux-ci, craignant l’hostilité des Romains contre eux et le peuple juif, arrivent à convaincre un disciple de Jésus, Judas Iscariote, pour la promesse de trente deniers, d'aider à l’arrestation de Jésus. Le 6 avril 30, lors du repas pascal, la Cène (dernier repas de Jésus avec ses disciples), Jésus annonce la trahison qui aura lieu à son encontre et sa mort prochaine.


La Cène, vitrail de la cathédrale de Chartres.

A la fin du repas, il prend le pain et le rompant dit "prenez et mangez, ceci est mon corps ..." puis il prend la coupe et dit "prenez et buvez, ceci est mon sang..." ; vous ferez cela en mémoire de moi" la première eucharistie venait d'avoir lieu.
Jésus et ses disciples se rendent ensuite au Mont des Oliviers, où commence la Passion. Il annonce qu’il ressuscitera d’entre les morts (Evangiles selon St Matthieu et St Marc). Il se retire ensuite dans les jardins de Gethsémani pour méditer et prier. C’est là qu’une foule conduite par Judas Iscariote arrive: Judas embrasse Jésus (le signe permettant de reconnaître l'homme recherché); les disciples veulent s'interposer, Jésus leur demande de laisser les représentants des prêtres l’emmener. Le jugement et la crucifixion
Jésus est conduit devant le Tribunal des Juifs, le Sanhédrin (Evangile selon St Jean) où Caïphe, le grand prêtre, lui demande de dire s’il est ou non "le Christ, le Fils de Dieu" (Evangile selon St Matthieu). St Pierre qui a suivi Jésus, est reconnu comme un de ses disciples: par trois fois il renie son maître("Je jure que je ne connais pas cet homme, comme Jésus l'avait annoncé.
Le Tribunal condamne Jésus pour blasphème mais ne peut pas prononcer la peine de mort. Ponce Pilate (qui lui demande "Es-tu le Roi des Juifs?" auquel Jésus répond "...ma royauté ne vient pas d'ici."), ne trouve pas de motif d'appliquer une telle sanction, et propose de relâcher soit Barabbas, soit Jésus. Devant l'insistance des prêtres juifs, il dit, en se lavant les mains devant la foule "Je ne suis pas responsable du sang de cet homme; cela vous regarde" et finit par accepter de laisser condamner Jésus à mort en le faisant d'abord flageller. Pour le Roi des Juifs, une couronne d'épines est tressée et enfoncée sur sa tête.
Jésus n'échappe à aucune humiliation; il devra aller au Golgotha, en portant sa croix. Commence alors le chemin de croix, avec les diverses stations. Ses pieds et mains sont cloués sur la croix. Il est placé entre deux autres crucifiés de "droit commun". L'agonie commence. Jésus dit à un moment "Mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné?". Il reçoit enfin d'un soldat un coup de lance au flanc droit et meurt à trois heures de l'après-midi. Sa mère, Marie, se tient debout au pied de la croix, ainsi que Jean le fidèle disciple, et Marie Madeleine.
Jésus sur la croix, sculpture en bois, abbatiale de Moissac.
Jésus est descendu de la croix par Joseph d'Arimathie et Nicodème, enveloppé dans un linceul (le suaire de Turin) et emporté dans un tombeau. Judas, accablé de remords, jettera son argent dans le Temple puis se pendra.
La Résurrection
Deux jours plus tard, Marie Madeleine se rendant sur la tombe, voit que celle-ci est ouverte. Elle prévient Pierre et Jean qui courent constater et s'en retournent chez eux. Deux anges lui apparaissent puis Jésus lui-même, qui lui demande de prévenir les disciples.
Jésus apparaît ensuite à divers témoins, disciples et apôtres. Thomas qui n'est pas présent lors de cette apparition, dit aux autres disciples "Si je ne vois à ses mains la marque des clous et si je ne mets la main, je ne croirai pas". Etant présent avec les autres huit jours plus tard, Jésus apparaît et dit à Thomas: "Porte ton doigt ici, voici mes mains; avance la main et mets-la à mon côté et ne sois plus incrédule mais croyant" (Evangile selon St Jean). Jésus conserve toute son estime à Pierre le confirme dans son rôle de "chef" des apôtres.
Les quatre Evangiles indiquent qu’après sa résurrection, Jésus a demandé aux apôtres et autres disciples d'aller évangéliser le monde entier.
L’Ascension de Jésus se produit quarante jours après la Résurrection (Actes des Apôtres).
Le visage de Jésus, reconstitué par la NASA, selon des techniques de traitement de l'image, à partir des négatifs photographiques du suaire de Turin.

Compléments ésotériques

Les compléments ci-dessous proviennent du Maître D.K. à travers Alice Bailey dans "Initiation humaine et solaire" et du Maître de Benjamin Creme dans "La mission de Maitreya". Jésus le Nazaréen (du nom d'un groupement mystique, et non pas de Nazareth, ville qui n'existait pas à son époque), est né (dans une "petite maison tout à fait convenable" et non une étable) normalement, de Marie et Joseph, tous deux initiés du 2ème degré, en -24, le 15 mars, comme initié de 3ème degré et est mort en 6 en atteignant la 4ème initiation. Il a passé sa jeunesse en Palestine et a reçu, comme Jean-Baptiste, un enseignement des esséniens le préparant à sa mission. Jésus n'était pas le Christ mais représentait le Christ. Le Christ a travaillé à travers Jésus, en l'adombrant depuis l'âge de 12 ans, puis véritablement les trois dernières années. En ce sens, on peut parler de Jésus-Christ.
Lors de la Cène, la plupart des disciples ont vu Jésus entouré de lumière. Les trois disciples Pierre, Jacques et Jean ont vu Jésus transfiguré comme sur le Mont Thabor.
La vie et l'enseignement de Jésus donnés dans le nouveau Testament ne sont exacts qu'à 60%.
Le niveau d'évolution à sa mort: 4, indiqué par le Maître D.K. à travers Alice Bailey, a été confirmé par le Maître de Benjamin Creme, qui a donné aussi les rayons de Jésus:
Rayons et sous-rayons : âme 6 personnalité 1/6 mental 1/7 astral 2/2 physique 1/3.
Jésus n'était pas la réincarnation de Zoroastre, comme on peut le lire parfois, car Zoroastre était une âme de 4ème rayon. De plus ce dernier avait atteint un niveau supérieur à celui de Jésus (à mi-chemin entre 4 et 5).
Les pitris solaires (particules atomiques) du corps ressuscité de Jésus ont été envoyées vers le soleil et n'existent plus.
Les vies antérieures de Jésus ont été données par le Maître D.K. (voir ci-dessous) ainsi que sa vie suivante, en tant qu'Apollonius de Tyane avant de devenir le Maître Jésus, de 5ème degré. Le Maître de Benjamin Creme a indiqué que le Maître Jésus a ensuite pris la 6ème initiation, et se trouve à la tête de l'ashram du 6ème rayon, à l'intérieur de la Hiérarchie dirigée par le Christ (celui qui assure cette fonction pendant encore 2500 ans, Maître du 7ème degré, est appelé Maitreya par le Maître de Benjamin Creme; c'est lui le Maître de Justice dont il est question dans les rouleaux de la Mer Morte); il représente à son tour Shamballa dont le chef est Sanat Kumara, le Seigneur du Monde, "l'Ancien des Jours", Melchisédech).


"Le Maître Jésus [...] est grand et maigre, avec un visage assez mince et allongé, des cheveux noirs, un teint pâle et des yeux bleus perçants. [...] Il est bien connu dans l'histoire biblique, apparaissant d'abord sous le nom de Joseph, le fils de Nun; puis de nouveau de Josué, au temps d'Ezra; recevant la troisième initiation, ainsi qu'il est relaté dans le livre de Zacharie, en la personne de Josué ; dans les Evangiles, il est connu par Ses deux grands sacrifices: celui dans lequel il céda son corps au Christ; et celui de la grande renonciation qui est la caractéristique de la quatrième initiation. En la personne d'Appolonius de Tyane, Il reçut la cinquième initiation et devint un Maître de Sagesse" (Initiation humaine et solaire).



Bibliographie

  • Le Nouveau Testament, en particulier les quatre Evangiles
  • "Les religions de la Bible, volume 5: naissance du christianisme", éditions Dargaud
  • "Histoire de l'humanité", éditions Larousse
  • "Le grand livre des religions du monde" sous la direction de Peter Clarke, éditions Solar
  • "Les livres sacrés" de Fernand Comte, éditions Bordas
  • "La mission de Maitreya" de Benjamin Creme, éditions Partage
  • "Initiation humaine et solaire" du Maître D.K. à travers Alice Bailey, éditions Lucis Trust
  • "De mémoire d'essénien, l'autre visage de Jésus", de Anne et Daniel Meurois-Givaudan, éditions Amrita
note: le dernier livre a été obtenu par "channelling" c'est-à-dire par informations venant du 5ème sous-plan astral, donc plus ou moins déformées; c'est cependant un éclairage intéressant.
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Date de création: 26/11/2000 version 1.0; mise à jour 31/01/2007 version 2.1
http://pagesperso-orange.fr/revue.shakti/jesus.htm


24 décembre 2016

Quel Sens donner à Noël ?

Magnifique texte  découvert sur le forum du site "le sens de nos vies " lors de Noël 2004
http://www.lesensdenosvies.org/forum/
hélas disparu ...


Ce texte écrit à partir de l’Évangile selon Saint Luc ,vient d'un "philosophe français" Omraam Mickhaël Aïvanov d'origine Bulgare, parti ensuite vivre en Inde..  d'où ce mélange de références religieuses, philosophiques et même païennes

 Ce texte qui nous invite à réfléchir  sur le sens profond à donner à cette fête de Noël m' a particulièrement interpellé en cette période de fête du fric et de la consommation, qu'est devenue cette période , bien loin de la fête Chrétienne de la nativité


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 Évangile selon Saint Luc

Par Omraam Mikhaël Aïvanov

1ère partie


S’il existe quatre fêtes cardinales : Noël, Pâques, la fête de saint Jean et celle de saint Michel, c’est pas un hasard ou parce qu’il a plu à certains religieux de les instituer : elles correspondent à des phénomènes cosmiques. Au cours de l’année, le soleil passe par quatre points cardinaux : 21 mars, équinoxe de printemps; 21 juin, solstice d’été; 21 septembre, équinoxe d’automne et 21 décembre, solstice d’hiver. Durant ces quatre périodes, il se produit dans la nature de grands afflux et circulations d’énergies qui influencent la terre et tous ses habitants. Alors, si nous sommes attentifs, si nous nous préparons à recevoir ces effluves, de grandes transformations peuvent se produire en nous.

D’après la tradition chrétienne, Jésus est né le 25 décembre à minuit. Le 25 décembre, le soleil vient d’entrer dans la constellation du Capricorne. Symboliquement, le Capricorne est lié aux montagnes, aux grottes, et c’est justement dans l’obscurité d’une grotte que l’Enfant-Jésus peut naître. Pendant le reste de l’année, la nature et l’homme ont eu une grande activité, mais à l’approche de l’hiver beaucoup de travaux s’arrêtent, les jours diminuent, les nuits s’allongent, le moment est à la méditation, au recueillement, ce qui permet à l’homme de pénétrer dans les profondeurs de son être et de trouver les conditions pour la naissance du Christ en lui.

Quand il sort du Capricorne, le soleil entre en Verseau, et le Verseau c’est l’eau, l’eau lustrale du baptême, la vie pure qui jaillit, créant de nouveaux courants. Au sortir du Verseau, le soleil entre dans les Poissons, et là a lieu cette pêche miraculeuse dont Jésus parlait quand il disait à ses disciples qu’ils seraient des pêcheurs d’hommes.

Mais revenons à la naissance de Jésus. Chaque année, le 25 décembre à minuit, la constellation de la Vierge monte à l’horizon, c’est pourquoi astrologiquement aussi on peut dire que Jésus est née de la Vierge. À l’opposé, apparaissent les Poissons, et au milieu du ciel on aperçoit la magnifique constellation d’Orion avec, au centre, l’alignement des trois étoiles qui, selon la tradition populaire, représentent les trois Rois Mages.

Nous laisserons de côté la question de savoir si Jésus est réellement né le 25 décembre à minuit. Ce qui nous intéresse, c’est qu’à cette date a lieu dans la nature la naissance du principe christique : cette lumière et cette chaleur qui vont tout transformer. Et dans le Ciel aussi, on célèbre cet événement : les Anges chantent et tous les saints, les grands Maîtres et les Initiés se réunissent pour rendre gloire à l’Éternel et fêter la naissance du Christ, le principe cosmique, qui naît réellement dans l’univers.

Et pendant ce temps, sur la terre, que font les humains? Ils sont dans les cabarets, les dancings, les boîtes de nuit où ils mangent, boivent et s’amusent. Et ce qui est le plus extraordinaire, c’est que même les gens les plus intelligents trouvent normal de fêter Noël de cette façon. Au lieu d’être conscient de l’importance d’un événement qui se produit une seule fois par an, quand toute la nature est attentive à préparer la nouvelle vie, l’homme a la tête ailleurs. C’est pourquoi il n’en reçoit aucun bienfait, au contraire, il perd la grâce et l’amour du Ciel. Car que voulez-vous que le Ciel puisse donner à un être qui reste insensible à ces courants divins? Le disciple, lui, se prépare : il sait que, la nuit de Noël, le Christ naît dans le monde sous forme de lumière, de chaleur et de vie, et il prépare les conditions convenables pour que cet Enfant divin naisse aussi en lui.

Il y a deux mille ans, Jésus est né en Palestine; mais cela, c’est l’aspect historique de Noël, et l’aspect historique, vous le savez, pour les Initiés c’est secondaire. Avant d’être un événement historique, la naissance du Christ est un événement cosmique : c’est la première manifestation de la vie dans la nature, le commencement de tous les jaillissements. Ensuite, cette naissance est un événement mystique, c’est-à-dire que le Christ doit naître dans chaque créature humaine comme principe de lumière et d’amour divin. C’est cela, la naissance du Christ : tant que l’homme ne possède pas la lumière et l’amour, l’Enfant-Christ ne naîtra pas en lui. Il peut le fêter, il peut l’attendre… rien ne se produira.

Jésus est né il y a deux mille ans; alors, en souvenir, certains vont à l’église et chantent qu’il est venu pour les sauver, et puisqu’ils sont sauvés, n’est-ce pas, ils peuvent continuer à pécher, à boire et à manger, ils sont tranquilles pour l’éternité. Voilà comment les chrétiens comprennent la naissance de Jésus. Très peu sont prêts à étudier, à faire des efforts pour préparer cette naissance en eux. S’il suffisait que Jésus soit venu sur la terre il y a deux mille ans, pourquoi le Royaume de Dieu n’est-il pas encore arrivé? Non seulement cela ne suffit pas, mais la vérité, c’est que Dieu a envoyé sur la terre plusieurs de ses fils. Comment peut-on s’imaginer que la venue du Christ dans le monde est un événement qui s’est produit une seule fois il y a deux mille ans? D’abord, c’est incompatible avec l’immensité de l’amour de Dieu. On dit que Dieu est amour; et alors qu’il y a des millions d’années que des humains vivent sur la terre, Dieu n’aurait envoyé son Fils qu’une seule fois, et pour prêcher pendant seulement trois ans dans un tout petit pays?… Mais alors, avant la naissance de Jésus, cet amour-là, où était-il, que faisait-il? Et ensuite Il aurait abandonné le monde pour l’éternité? Vraiment, c’est insensé!

La vérité, c’est que sous différentes formes le Christ est apparu de nombreuses fois sur la terre et même sur d’autres planètes, dans tout l’univers, et il apparaîtra encore dans l’avenir. Si vous ne pouvez pas accepter cela, c’est qu’en réalité vous n’êtes ni religieux, ni chrétiens, ni rien du tout. Vous croyez à des choses invraisemblables, mais ce qui est sensé, vous refusez de le croire. On fait que répéter : « Dieu est amour, Dieu est amour »… mais à quoi cela sert-il, si on fait tout pour prouver le contraire? On vous raconte qu’une fois seulement dans l’histoire cet amour s’est manifesté sur la terre… et vous n’étiez même pas là!

On ne peut pas nier l’importance historique de la naissance de Jésus; mais l’essentiel, ce sont les aspects cosmique et mystique, parce que la naissance du Christ, dont la naissance de Jésus ne représente qu’un aspect, est un événement qui se produit chaque année dans l’univers, et qu’à chaque instant le Christ peut naître aussi en nous. Pour quelques-uns il est déjà né, pour certains il naîtra bientôt, et pour d’autres on ne sait quand. Tout est dans la préparation des conditions. Voilà pourquoi il est très important de se préparer longtemps à l’avance pour cette fête de Noël, afin d’en comprendre toute la signification.






2ème partie

De tous les Évangiles, c’est celui de saint Luc qui donne le plus de détails sur la naissance de Jésus et je vous en lirai un passage.

« En ce temps-là, parut un édit de César Auguste, ordonnant le recensement de toute la terre. Ce recensement, le premier, eut lieu pendant que Quirinus était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire inscrire, chacun dans sa ville. Joseph, lui aussi, quittant la ville de Nazareth en Galilée, monta en Judée dans la ville de David appelée Bethléem, parce qu’il était de la maison et de la lignée de David, afin de s’y faire inscrire avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter se trouva révolu. Elle mit au monde son fils premier-né, l’enveloppa de langes et le coucha dans une crèche, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie.

» Il y avait dans la contrée des bergers qui vivaient aux champs et qui la nuit veillaient tour à tour à la garde de leur troupeau. L’Ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté, et ils furent saisis d’une grande frayeur. Mais l’Ange leur dit : « Rassurez-vous, car voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple : aujourd’hui dans la cité de David, un Sauveur vous est né qui est le Christ Seigneur. Et ceci vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche. » Et soudain se joignit à l’Ange une troupe nombreuse de l’armé céleste, qui louait Dieu, en disant :

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime! »

»Or lorsque les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux : « Allons à Bethléem et voyons ce qui est arrivé et ce que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils vinrent donc en hâte et trouvèrent Marie, Joseph et le nouveau-né couché dans la crèche. Et l’ayant vu, ils firent connaître ce qui leur avait été dit de cet enfant; et tous ceux qui les entendirent furent émerveillés de ce que leur racontaient les bergers. Quant à Marie, elle conservait avec soin tous ces souvenirs et les méditait dans son cœur. Puis les bergers s’en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu’ils avaient vu et entendu, en accord avec ce qui leur avait été annoncé.

»Quand vint le huitième jour, où l’on devait circoncire l’enfant, on lui donna le nom de Jésus, nom qu’avait indiqué l’Ange avant sa conception.

»Et quand vint le jour où, selon la loi de Moïse, il devait être purifié, ils le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, ainsi qu’il est écrit dans la Loi du Seigneur : « Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur », et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la Loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes. Or il y avait à Jérusalem un homme du nom de Siméon. Cet homme était juste et pieux; il attendait la consolation d’Israël et l’Esprit-Saint reposait sur lui. Et il lui avait été révélé par l’Esprit-Saint qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint donc au Temple, poussé par l’Esprit, et quand les parents apportèrent le petit enfant Jésus pour accomplir à son égard les prescriptions de la Loi, il le reçut dans ses bras, bénit Dieu et dit :

« Maintenant, ô Maître, tu peux selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix; car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé à la face de tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire de ton peuple Israël. »

Vous avez certainement lu ou entendu plusieurs fois ce récit. Beaucoup des détails qu’il contient sont symboliques. Il y a aussi deux passages très mystérieux. Pourquoi est-il dit : « Marie conservait avec soin tous ces souvenirs et les méditait dans son cœur »? C’est donc qu’il y avait quelque chose qu’elle ne pouvait pas dire. Si c’était ce qu’elle avait entendu raconter par les bergers, elle aurait pu en parler, puisque les bergers le racontaient à tout le monde. C’était donc autre chose de sacré. Et qui était Siméon? Il est dit que l’Esprit-Saint était sur lui, c’est donc qu’il était très pur. Mais je ne pourrai pas toucher la question de Siméon parce que cela ébranlerait toutes les consciences chrétiennes. Oui, qui était Siméon? Quel lien avait-il avec Jésus?…

Quant à Marie et Joseph, s’ils avaient été choisis pour être les parents de Jésus, c’est qu’ils s’étaient déjà préparés : pour être dignes de recevoir Jésus dans leur famille, c’est qu’ils avaient déjà fait un grand travail spirituel dans leurs vies antérieures. Dans ce domaine aussi, il y a une justice, des règles, des lois. C’est le Seigneur qui a fait les lois et ce n’est pas Lui qui va les transgresser. Quand Dieu choisit des créatures, c’est qu’elles remplissent certaines conditions. Bien sûr, « avec des pierres Dieu peut faire des enfants d’Abraham », mais en les faisant préalablement passer par l’état de plante, puis d’animal, et enfin d’homme. C’est comme pour l’enfant : le germe doit, lui aussi, passer par toutes sortes de formes et d’états avant de prendre l’aspect d’une créature humaine.

Et de même, Jésus a été obligé de franchir certaines étapes avant de devenir Christ. Voilà encore ce que les chrétiens ne peuvent pas accepter. Ils pensent que Jésus, fils de Dieu, était Dieu Lui-même, qu’il était né parfait. Mais alors, pourquoi a-t-il dû attendre sa trentième année pour recevoir le Saint-Esprit et faire des miracles?… Même si Dieu en personne doit venir s’incarner sur la terre, Il accepte de se soumettre aux lois qu’Il a Lui-même établies. Il se respecte Lui-même, le Seigneur, comprenez-vous? C’est ainsi que les Initiés voient les choses : dans leur tête, tout est en ordre, tout est logique, tout est sensé. Alors, est-ce le Saint-Esprit qui a donné naissance à Jésus? Oui, c’est le Saint-Esprit. Dans le plan divin, c’était le Saint-Esprit, mais dans le plan physique, il fallait aussi quelque chose, quelqu’un… afin que dans ce plan-là également il y ait un reflet du Saint-Esprit. Pour que la correspondance soit parfaite entre les trois mondes, pour que dans le plan physique, dans le plan spirituel et dans le plan divin tout soit toujours saint, lumineux et pur, dans le plan physique aussi il fallait un conducteur du Saint-Esprit.

Que Jésus soit né « par l’opération du Saint-Esprit », oui, bien sûr. Dans la mesure où sa conception n’a été souillée par aucun désir, aucune passion, aucune sensualité, on peut dire qu’il est né par l’opération du Saint-Esprit. C’est ainsi qu’il faut comprendre la virginité de Marie. La virginité est une qualité plus spirituelle que physique. Combien il y a de femmes qui sont vierges extérieurement, mais intérieurement!… Voilà, je ne vous en dirai pas plus, mais je vous en ai déjà dit beaucoup en vous parlant de Siméon.

La naissance de Jésus doit être comprise dans les trois mondes, c’est-à-dire comme un phénomène historique, comme un phénomène psychique, mystique, et enfin comme un phénomène cosmique. Aujourd’hui, c’est surtout le phénomène mystique qui m’intéresse. Dans son récit de la naissance de Jésus, sait Luc n’a retenu que les images des événements qui se répètent dans chaque être humain, et c’est sur ces images symboliques que nous allons nous arrêter.

Pour que l’enfant naisse, il faut un père et une mère. Le père, Joseph, représente notre intellect, et à un niveau supérieur notre esprit. La mère, Marie, c’est notre cœur, et à un niveau supérieur, notre âme. Quand le cœur et l’âme sont purifiés, alors l’enfant naît : mais il ne naît pas de l’intellect et de l’esprit, il naît du Saint-Esprit, cette pure flamme qui vient féconder l’âme et le cœur humain. L’intellect et l’esprit représentent le principe masculin en nous, qui prépare les conditions pour que le Saint-Esprit prenne possession du principe féminin, le cœur et l’âme, afin de mettre au monde l’Enfant-Christ.

Quand Marie et Joseph ont voulu chercher refuge dans une hôtellerie, il n’y avait plus de place pour eux : cela veut dire que les humains qui sont occupés à manger, à boire et à s’amuser, n’ont jamais de place pour l’être qui a reçu l’enfant divin. Cet enfant est déjà conçu en lui comme un lumière; cela peut être un idéal, une idée qu’il nourrit, qu’il chérit… Mais où aller maintenant avec cet enfant? Personne ne lui ouvre la porte, c’est-à-dire personne ne le comprend. Mais voilà, il y a une étable. Cette étable, avec la crèche, est un symbole, et d’abord le symbole de la pauvreté, de la difficulté des conditions extérieures. Oui, pour l’homme que l’Esprit habite, ce sera toujours ainsi : son entourage ne l’appréciera pas, ne le recevra pas. Mais grâce à la lumière qu’il projette au-dessus de la crèche, d’autres le verront de loin et viendront le visiter.

Cette lumière, représentée par l’étoile à cinq branches, est une réalité absolue. Elle brille au-dessus de la tête de tous les Initiés dont le principe féminin, c’est-à-dire l’âme et le cœur, a mis au monde l’Enfant-Jésus conçu de l’Esprit Saint. Et à ce moment-là, l’intellect, Joseph, au lieu d’être jaloux et de répudier Marie comme un homme grossier, en criant : « Cet enfant que tu as mis au monde n’est pas de moi, va-t-en! »… doit s’incliner et dire : « C’est Dieu qui a effleuré le cœur et l’âme de Marie. Moi, je ne pouvais pas le faire. » Donc, l’intellect ne doit pas se révolter et se mettre en colère, mais comprendre correctement en disant : « Il y a là quelque chose qui me dépasse », et garder Marie. Répudier Marie, c’est répudier la moitié de son être et devenir comme ceux qui, sous l’empire exclusif de l’intellect, ont banni le côté réceptif, toutes les qualités de douceur, d’humilité, d’intuition. Beaucoup ont répudié Marie parce qu’elle aimait recevoir la visite du Saint-Esprit…

Il faut que vous compreniez que Marie et Joseph sont des symboles de la vie intérieure : ceux qui ont répudié Marie se sont desséchés et ils n’ont plus que l’intellect qui disloque, qui critique, qui est toujours mécontent. Mais vous voyez, Joseph au contraire a respecté Marie, il l’a gardée avec lui, il a dit : « Oh, elle attend un enfant. Bien sûr, ce n’est pas moi le père, mais je la protégerai parce qu’elle a besoin de mon appui. »




à suivre.../...






3ème partie


Et que représente l’étoile? C’est un phénomène qui se produit inévitablement dans la vie d’un véritable mystique, d’un véritable Initié : au-dessus de sa tête apparaît une étoile, un pentagramme lumineux. Et puisque « ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas », ce pentagramme doit exister doublement. D’abord, l’homme lui-même est un pentagramme vivant; et ensuite, en haut dans le plan subtil, quand il a développé en plénitude les cinq vertus : la bonté, la justice, l’amour, la sagesse et la vérité, un autre pentagramme le représente sous forme de lumière.


Cette étoile qui brillait au-dessus de l’étable signifie qu’une lumière émane de chaque Initié qui possède le Christ vivant. Cette lumière est aperçue de loin par d’autres, et ils sentent que quelque chose de spécial se manifeste à travers cet être. Ce qui se manifeste, justement, c’est le Christ, et à ce moment-là, tous ceux qui représentent des autorités, tous ceux qui sont puissants et riches viennent auprès de lui. Et même les grands chefs religieux qui s’imaginent être au sommet, sentent eux aussi qu’il leur manque quelque chose, qu’ils ne sont pas arrivés à ce degré de spiritualité, et ils viennent s’instruire, ils viennent s’incliner et apporter des présents.

Alors, voilà la raison de la présence des Rois Mages auprès de l’Enfant-Jésus : « Des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem et dirent : Où est le roi des juifs qui vient de naître? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer. » Ces Mages étaient des chefs religieux dans leur pays respectif. Ils sont venus parce qu’il ont senti cette lumière. Et comme ils étaient astrologues, en observant dans le ciel certaines configurations exceptionnelles, ils en avaient conclu qu’il devait se produire quelque événement extraordinaire sur la terre. La naissance de Jésus correspond donc aussi à un phénomène qui s’est produit dans le ciel il y a deux mille ans.

D’après la tradition, les Rois Mages qui étaient au nombre de trois : Melchior, Balthazar et Gaspard, apportèrent à l’Enfant Jésus l’or, l’encens et la myrrhe, et chacun de ces présents est symbolique. L’or qu’apportait Melchior signifiait que Jésus était roi : la couleur or est la couleur de la sagesse, dont l’éclat brille au-dessus de la tête des Initiés comme une couronne de lumière. L’encens apporté par Balthazar signifiait que Jésus était prêtre : l’encens représente le domaine de la religion, c’est-à-dire aussi du cœur, de l’amour. Et la myrrhe, qu’apportait Gaspard, est un symbole d’immortalité : on se servait de la myrrhe pour embaumer les corps et les préserver ainsi de la destruction. Ces présents ont donc un rapport avec les trois domaines de la pensée, du sentiment et du corps physique. Chacun est aussi lié à une séphira : la myrrhe à Binah, l’éternité; l’or à Tiphéreth, la lumière; et l’encens à Hessed, la dévotion.

Occupons-nous maintenant de l’étable, dans laquelle la tradition a placé un bœuf et un âne. Aucun autre animal n’est mentionné dans cette étable, seulement un bœuf et un âne. Pourquoi? Depuis des siècles on répète cette histoire sans la comprendre, parce que la clé du symbolisme universel est perdu. L’étable représente le corps physique. Et le bœuf? Vous savez que dans l’Antiquité le taureau (ici il faut rapprocher évidemment le bœuf et le taureau) a toujours été considéré comme le principe de la génération. En Égypte, par exemple, le taureau Apis était le symbole de la fertilité et de la fécondité. Le bœuf est sous l’influence de Vénus et il représente la force sexuelle. L’âne, lui, est sous l’influence de Saturne; il représente la personnalité (voir section dualité), c’est-à-dire la nature inférieure de l’homme, ce que l’on appelle le vieil Adam, têtu, buté, mais bon serviteur. Et voilà que ces ceux animaux étaient là pour servir Jésus. Mais le servir comment? C’est maintenant que je vais vous révéler quelque chose d’essentiel.

Quand l’homme commence à travailler pour se perfectionner, il entre en conflit avec les forces de la personnalité et celles de la sexualité. Et l’Initié, justement, est celui qui est arrivé à maîtriser ces deux forces et à les mettre à son service. Oui, vous voyez, il les met à son service, il ne les anéantit pas, il ne doit pas les anéantir. La preuve, si ces deux animaux étaient-là, présents, c’est qu’ils étaient utiles. Et que faisaient-ils? Ils soufflaient sur l’Enfant-Jésus, ils le réchauffaient de leur souffle. Donc, quand l’Initié arrive, à transmuter l’âne et le bœuf en lui et à les mettre à son service, ils viennent ensuite réchauffer et vivifier l’enfant nouveau-né de leur souffle. Non seulement ces forces ne sont plus là pour le tourmenter, mais elles deviennent des forces bénéfiques. Le souffle, c’est déjà la vie. Vous voyez, le souffle de l’âne et du bœuf est une réminiscence du souffle par lequel Dieu a donné l’âme au premier homme. L’âne et le bœuf ont servi l’Enfant-Jésus; cela signifie que tous ceux qui possèdent le Christ en eux seront servis par les forces de la personnalité et de la sexualité, car ce sont des forces extraordinaires utiles si on peut les atteler à un travail.

Ensuite un ange est apparu aux bergers qui possédaient cette étable. Ils gardaient leurs troupeaux dans les champs, et quand l’ange leur a annoncé la nouvelle de la naissance de Jésus, ils ont été émerveillés; ils ont pris des agneaux et les ont apportés en offrande à l’enfant. Cela signifie que tous ceux qui possèdent des actions sur le corps physique, c’est-à-dire les esprits familiaux, réincarnés ou non, et qui ont des richesses (ces richesses sont ici symboliquement représentées par les brebis, les agneaux et les chiens), sont avertis. Ils sont avertis parce qu’ils ont participé à la formation de cette étable (le corps physique) et alors ils arrivent tous en disant : « Oh là là! Nous n’avions jamais pensé que nous aurions un honneur pareil dans notre étable! »

Donc, tous les esprits familiaux, qu’ils soient dans l’au-delà ou sur la terre, reçoivent la nouvelle qu’un événement splendide s’est passé dans votre cœur et dans votre âme, et alors ils viennent aussi s’incliner et vous apporter des présents. Oui, le monde entier se met au service de l’Enfant. Mais tant que vous ne l’avez pas fait naître, ne comptez pas qu’on vienne vous servir, ni les anges chanter la gloire de Dieu auprès de vous. Car les anges ne viennent chanter que pour célébrer la naissance du principe divin.

Mais revenons au symbolisme de la crèche. Oui, pourquoi Jésus, le fils de Dieu, devait-il naître dans une crèche, sur la paille, et non dans un magnifique berceau, dans la chambre d’une demeure vaste et somptueuse? Là encore, ce détail est symbolique.

Et vous comprendrez dans quel endroit de notre corps se trouve cette crèche si vous vous souvenez des conférences que je vous ai faites sur le centre Hara : je vous ai expliqué quel rôle peut jouer ce centre dans la vie spirituelle pour celui qui sait travailler avec lui. Si son nom, Hara, un mot japonais qui signifie ventre, montre que ce centre, situé à quelques centimètres au-dessous du nombril, est surtout connu au Japon, en réalité il était connu de tous les Initiés du passé et c’est de lui que parle Jésus quand il dit : « De son sein jailliront des fleuves d’eau vive… » Ce « sein », c’est le centre Hara : c’est là que se trouve la crèche où doit naître le Christ entre le bœuf et l’âne, c’est-à-dire entre le foie et la rate.

Vous êtes étonnés, je le vois, vous croyez que c’est dans votre tête que Jésus naîtra. Avez-vous vu un enfant naître du cerveau de sa mère? Non. Eh bien, il faut s’arrêter là-dessus pour réfléchir. Le ventre, les entrailles, on trouve cela dégoûtant, mais voilà que le Seigneur a choisi justement cet endroit pour que l’humanité se perpétue. Et c’est là aussi, dans le centre Hara, que le disciple doit faire naître en lui cette nouvelle conscience : l’Enfant-Christ.

Rien n’est plus important que de travailler à faire naître l’Enfant divin en nous. À ce moment-là, la terre et le Ciel chanteront; des quatre coins du monde des êtres comprendront qu’une nouvelle lumière est née et ils viendront nous visiter et nous apporter des présents. Bien sûr, il y aura Hérode (il y a toujours eu des Hérodes) qui sera furieux et qui, voulant tuer Jésus, demandera aux Rois Mages : « Allez, renseignez-vous sur cet enfant, et quand vous l’aurez trouvé, faites-le moi savoir pour que, moi aussi, j’aille l’adorer. » Mais, heureusement, il y a aussi un ange qui viendra donner des avertissements, comme celui qu a dit à Joseph : « Prends l’enfant et sa mère et fuis en Égypte, parce qu’Hérode va le faire chercher pour le tuer. » Un ange du Seigneur vint donc auprès des Rois Mages pour leur dire de ne pas retourner auprès d’Hérode, et ils repartirent dans leur pays par un autre chemin. Cela signifie que tous ceux qui viendront auprès de Jésus, auprès du principe christique, ne pourront pas retourner par le même chemin, ils devront prendre une autre direction.




à suivre.../...


4ème partie et fin


Et maintenant, savez-vous pourquoi existe cette coutume de faire un repas la nuit de Noël? C’est aussi symbolique. Quand l’enfant est né, il faut célébrer sa venue par des chants, par un festin (sans dépasser les limites, bien sûr), car l’enfant a besoin de nourriture. Et la première nourriture de l’enfant quand il est né, c’est le lait de sa mère. Quand elle le portait, elle le nourrissait de son sang, et maintenant elle le nourrit de son lait; il y a là deux couleurs, le rouge et le blanc, et ces couleurs sont symboliques. Elles sont déjà présentes pendant la conception, puisque la femme donne le rouge et l’homme le blanc, et elles le sont encore, plus tard, lorsque la femme nourrit l’enfant pendant neuf mois avec son sang, puis avec son lait. Et ce sont ces mêmes couleurs que l’on retrouve dans le sang lui-même, avec les globules rouges et les globules blancs.

Le rouge et le blanc représentent les deux principes sur lesquels est fondée la vie. Le rouge, le sang, c’est la force vitale, l’amour, et c’est grâce à ce sang, à notre amour, que l’Enfant-Christ peut devenir chair et os en nous. Après sa naissance l’enfant est nourri avec le lait, c’est-à-dire avec la pureté, la lumière. De même que la mère ne cesse de s’occuper de son enfant après la naissance, de même une fois que l’Enfant-Christ est né, le travail continue, mais sous une autre forme. C’est pourquoi nous allons le matin contempler le lever du soleil, afin de nous nourrir de sa lumière…

La naissance du Christ est une question très importante dont tous les Initiés doivent se préoccuper. Regardez ce que dit saint Paul : « Oh! mes enfants, quelle peine je me suis donnée pour faire naître le Christ en vous! » Lui aussi avait compris que le Christ doit naître dans chaque âme humaine. C’est pourquoi il parlait à ses disciples, il les conseillait et même il les secouait afin qu’ils se purifient et qu’ils se mettent dans un état d’acceptation, de soumission, d’adoration, car ce sont les conditions nécessaires pour recevoir le germe d’en haut.

Le disciple est obligé de se pencher et de réfléchir sur tous ces grands mystères et, quand il les a compris, il doit encore les faire descendre dans le domaine du sentiment, et enfin les réaliser dans le plan physique, ce qui évidemment est le plus difficile. Intellectuellement tout le monde peut comprendre, et même trèes bien, mais cette compréhension n’est pas encore descendue jusqu’au sentiment, et le cœur ne sent pas. Il faut faire descendre cette compréhension jusque dans le cœur, et du cœur jusqu’à la volonté pour que se fasse la réalisation dans le plan physique. Car la naissance de l’Enfant-Christ est un événement qui doit se produire dans les trois plans : mental, astral et physique. Vous direz : « Mais comment dans le plan physique? » Je peux vous l’expliquer, mais est-ce que vous me comprendrez?

L’homme ne peut faire naître le Christ en lui s’il n’a pas compris sa mère, la terre. S’il ne sait pas ce qu’est la terre, s’il n’a pas avec elle des relations affectueuses, respectueuses, conscientes, il n’a aucune possibilité de changer son corps physique. Notre corps est en relation avec la terre et il retournera à la terre puisqu’il est tiré de la terre, puisqu’il est son fruit, son enfant. Si l’homme n’est pas en relation correcte avec la terre, le Christ ne peut pas naître dans ses actions, dans son corps physique. On ne pense jamais que la terre est un être intelligent. On l’étudie seulement du point de vue géographique : tant d’habitants, tant de mers, d’océans, de lacs, de montagnes, de rivières… La terre est la créature la plus inconnue, la plus dédaignée, la plus méprisée, et de grands malheurs viennent de là… oui, de ce que nous ne respectons pas notre mère qui nous a donné son corps, notre corps.

Il existe une science prodigieuse sur les relations de l’homme avec la terre, le comportement qu’il doit avoir vis-à-vis d’elle : comment lui parler, la remercier, comment puiser des forces en elle, comment lui confier toutes ses impuretés afin qu’elle les transforme. Car la terre possède dans ses entrailles des usines où elle peut tout transformer, et c’est ce qu’elle fait sans arrêt : toutes les impuretés, tous les déchets qu’on lui donne, elle les transforme pour produire des fleurs, des fruits, tout ce qui est utile et beau. Elle est très intelligente, la terre!

Arrêtons-nous maintenant sur les paroles que l’ange a dites aux bergers : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime! » Avez-vous compris ces paroles? Pourquoi la paix chez les hommes et, en haut la gloire? C’est parce que lorsque naît l’Enfant divin, il glorifie le Seigneur et la paix s’installe dans l’âme de l’homme ou de la femme chez qui il est né. Cet enfant, qui est le fruit de l’amour du père et de la mère, apporte la paix parce qu’il apporte la plénitude. C’est le sens de la formule qu’a donnée le Maître Peter Deunov : « Bojiata lioubov nossi peulnia jivot : l’amour divin apporte la plénitude de la vie. » Cet amour divin qui apporte la plénitude de la vie, c’est l’amour qu’apporte l’Enfant-Christ. L’amour n’est rien d’autre que la prédiction, l’annonce de l’enfant qui vient. Cette formule du Maître est vraiment très profonde; il ne l’a pas donnée seulement pour que nous le répétions automatiquement, mais pour que nous travaillions afin que cet amour de Dieu puisse effleurer notre âme et qu’elle conçoive l’enfant, le Christ. Et ensuite, que de changements! Dans tous les domaines tout s’améliore, tout s’éclaircit. Cela vaut la peine de travailler toute une année, plusieurs années, toute une vie, pour faire naître le Christ en nous.

En interprétant quelques passages de ce chapitre de saint Luc, j’ai voulu vous présenter certains aspects de notre vie intérieure, pour que vous sachiez que la naissance de Jésus est un événement mystique qui peut se produire dans chaque être humain. Alors, gardez cette image de la crèche avec Joseph, Marie et l’Enfant entre l’âne et le bœuf, et cette étoile qui brille au-dessus de l’étable… Maintenant vous en comprendrez mieux le sens.

Et n’oubliez pas que Noël dure encore quelques jours après le 25 décembre. En haut, dans le Ciel, on célèbre une fête, et cette fête vous devez y participez au moins par la pensée. De même que la naissance d’un enfant contient tout l’espoir de la vie, la naissance du Christ chaque année dans l’univers, c’est l’espoir que Dieu n’a pas abandonné les hommes. Bien qu’ils transgressent sans cesse ses lois, Il leur fait crédit en leur envoyant toujours un Sauveur, parce qu’Il ne veut pas qu’une seule âme se perde. Même ceux qui ont commis les plus grandes fautes doivent se relever, ils peuvent se relever. Ils souffriront, c’est entendu, ils paieront pour leurs erreurs, c’est entendu, ils devront réparer, mais Dieu leur donne toutes les chances d’avancer. Ce qui est mauvais, c’est de se décourager et de renoncer à faire des efforts pour évoluer.

Maintenant j’ajouterai encore ceci. Vous doutez peut-être que le Christ soit apparu dans l’histoire? Certains en ont douté et ont démontré que Jésus n’a pas existé, en donnant des preuves aussi scientifiques que ceux qui affirment qu’il a existé. Alors, que dire? Eh bien, tout simplement que le côté historique n’est pas tellement important. Supposez que l’on arrive à prouver d’une manière irréfutable que Jésus n’a pas existé, que c’est un mythe crée de toutes pièces : il reste tout de même une chose que l’on sera obligé de reconnaître, c’est la grandeur exceptionnelle de l’esprit qui a inspiré les Évangiles! Que quelqu’un ait été capable d’écrire des choses pareilles, d’une telle profondeur, d’une telle lumière, cela suffit, on est ébloui, et il n’est pas nécessaire de se poser d’autres questions.

Omraam Mikhaël Aïvanhov