En train de devenir... Comment lâcher prise,tout en ne lâchant rien

Blog de Tâm Chân Hanh (Action Juste du Cœur)-un bouddhiste engagé plutôt du coté "extrême gauche" (la Gauche radicale , ANTI-CAPITALISTE) - pour un autre monde possible, plus juste, plus fraternel et plus humain.

Depuis mon départ à la retraite ...

il y a 2 mois
Qu'ai je fait de mes journées?
Rien ou presque rien, à première vue (de celles et ceux qui ne me connaissant pas, me voyaient m'enfermer chez nous (...)

2 novembre 2013

Retraite Vipassana du 1er au 14 octobre 2013 (3) La méditation marchée.



 (mon parcours, le quart de cercle à gauche,devant le stupa, qui sera le même pendant toute la retraite)


Je commence par elle, car Antonio aura dit au cours de son premier enseignement, que la marche préparait l'assise. D'ailleurs nous enchainions 3 fois par jour les marches par les assises en n'ayant que 5 mn, pour rejoindre la Bergerie. (voir les commentaires de ma dernière retraite ici)

Au début a t'il dit, elle peut être rapide,on se concentre sur "gauche, droite, gauche droite... " gauche à l'inspir, droite à l'expir, (en insistant "politiquement parlant" plus sur la gauche a t'il ajouté, en se mettant à rire, ce qui nous a fait tous rire)  puis après en ralentissant, une inspir et une expir sur un pas, "soulever avancer" à l'inspir, "poser placer" à l'expir donc.

Mercredi 2 octobre 8h10, après le petit déjeuner et la méditation du Travail (Karma Yoga), juste au son du gong qui nous invite à la marche, je me rends donc assez rapidement à l'endroit que j'avais choisi,  de peur de me le faire prendre...
J'ai même noté dans mon cahier "avidité? "

J'avais  pour la marche repéré cet endroit , juste derrière la haie qui entoure le Stupa et en face du "château" à cause des fleurs des abeilles et des mille sensations que je pouvais ressentir là à cet endroit. Endroit repéré depuis la veille et même depuis ma dernière retraite Vipassana où souvent j'y passais mes pauses des dernières journées... 


Je me rendrais vite compte que c'était pour mon esprit autant de distractions ...
Mais que observer les distractions c'était aussi exercer sa Pleine Conscience.
 Gauche-Droite, Gauche droite... Inspir/expir, Inspir/expir sur le premier parcours (environ 20 m), Puis Soulever, avancer, (Inspir) poser, appuyer (Expir) en revenant ...
 Tout de suite va me revenir à l'esprit la fin de l'enseignement de la veille d'Antonio... 
"Qui marche? qui a l'intention ? Qui ressent ?
C'est le sentiment qui ressent, l'intention qui a l'intention, où est  donc le soi ?
Qui fait l’expérience ? c'est l'esprit, c'est l’expérience elle même, ce sont les éléments dont est fait le corps,(La Terre, l'Eau, l'Air, le Feu)  ce n'est pas le soi... Le concept du JE  disparait..."

et il a ajouté ...."si on pense trop on ne comprend rien ... "

effectivement je me suis tout le long de cette marche posé cette question ... et me suis dit, ai noté  
pour soulever avancer poser...ce sont mes pieds qui le font ok , mais quand j'arrive au bout du parcours et que je veux faire demi tour...c'est bien moi qui ai l'intention de tourner ? 

De même quand je m’arrête, pour admirer les fleurs, les sentir, ou regarder les abeilles ou les papillons, ou écouter les oiseaux... m’arrêter... comme je l'avais compris lors de la précédente retraite.... c'est bien moi qui en ai l'intention non ? 

j'ai posé cette question à Antonio lors de mon entretien, du 1er samedi (le 5 oct) qui m'a répondu:
- que je ne devais pas penser à l'enseignement pendant les marches ou les assises, mais seulement pendant les pauses... 

- que c'était l'intention et non pas le soi... qui avait l'intention ... (bof ?? ?)
-que j'intellectualisais trop ... 

 Au cours des marches suivantes de ce même jour et de tous les jours suivants, j'ai voulu m'appliquer :

-à ressentir vraiment les différentes phases ...
Je me suis rendu compte que le 4eme temps, ce n’était plus appuyer comme dit lors de la retraite précédente mais bien placer !
car en fonction de l'endroit ou je posais le pied et appuyais, je ressentais ou non des cailloux et déplaçais alors ce pied... 
à ressentir aussi l'intention (de faire un pas, de tourner, de m’arrêter...) 

- à relier la marche Vipassana et à la marche Kin Hin de Zazen et aux méditations marchées du Village des Pruniers .
La marche Vipassana c'est une combinaison des 2...  




Et me suis souvenu d'un enseignement de Thay qui disait que si on n'était pas à 100% dans notre marche, on ne faisait pas le pas suivant ... J'ai du au cours des ces 2 semaines m’arrêter bien souvent ! souvent tous les 2 ou 3 pas ...  

m'arrêter, pour admirer les papillons, les abeilles,  les fleurs, (j'ai pu voir pendant 2 ou 3 jours, s'épanouir, puis se faner quelques roses avant que la pluie et le vent ne les fassent tomber... et réaliser un peu ce que c'est que l'impermanence...) les sentir ( mon parcours était plein d'odeurs agréables... )

mais aussi m’arrêter quand des pensées arrivaient , et j'ai noté qu'en méditation marchée, j'avais beaucoup plus de pensées que pendant les assises...

est ce que parce que la marche est beaucoup plus automatique et naturelle, que l'assise  ?

Par rapport aux marches méditatives du Village des Pruniers , j'ai eu l'impression celle de Vipassana décompose plus les mouvements de chaque pas, donc oblige à se centrer uniquement sur son corps, alors que pour Thay, c'est vivre à 100% chaque pas , son corps mais aussi être un avec ce qui nous entoure ...

Elle pourrait s'apparenter à Kin hin de zazen, mais Kin Hin comme Zazen c'est se concentrer sur la position de son corps, plutôt que sur ses pas ... 

voir ici cet article sur la méditation marchée enseignée par Thay
Voir ici cet article sur le Kin Hin en Zazen
 ou ici   
Ressentir sans les nommer les 4 temps ( Soulever, avancer...) 

 Je me suis aussi aperçu très vite (noté le 4 oct ) qu'en voulant mettre des mots sur les différentes phases, les 4 temps, ça me fatiguait et rendait ma respiration plus rapide, donc que peut être il me fallait juste ressentir ces différentes phases sans les nommer dans mon esprit... 
Donc mettre des mots c'est penser ?  
ou parce que l'esprit se révolte car je veux le contraindre un peu trop? (voir page précédente)
 
 (sur mon parcours bourrache
photo faite par Violette)

Et simplement apprécier l' instant présent, l'environnement, les fleurs les oiseaux...  être heureux d'être là dans cette marche, ici et maintenant ... ( Le Nirvana c'est le chemin ...)

 Enfin j'ai pu noter combien mes marches et surtout ma concentration pouvaient être différentes selon les conditions climatiques.

ainsi le jeudi 10 oct , ais je noté, pendant les marches du matin (8h15 et 10h15), il a fait froid, et au lieu d'observer mes pas, je me suis mis en Kin Hin et je me suis concentré comme pour Kin Hin sur cette sensation de froid, et ai essayé d'observer, comment elle évoluait ...
et j'ai eu l'impression qu'elle s’atténuait...

Le lendemain ( 11 oct, marche de 8 h15 ) ai essayé de localiser la sensation de froid sur les différentes parties de mon corps et de l'observer, sur mes pieds, mes cuisses mon dos, mes mains, et toujours comment elle évoluait, quand je l'observais ai encore eu l'impression qu'elle diminuait ... 

Le plus désagréable pour moi c'était aux pieds, et plus accentuée pendant la phase placer... (ou appuyer) puisque le pied est fortement en contact avec le sol... le pied gauche surtout ...

à la transition entre la marche et l'assise, le soleil est apparu, et alors quel bonheur de marcher au soleil !!!

Malheureusement, à la marche suivante (10h15) le soleil était reparti caché par les nuages... le froid de nouveau, je suis allé me chercher une autre paire de chaussettes, un morceau de gingembre confit pour le sucer, et cette fois ci ai essayé de marcher non plus en Kin Hin, mais comme Thay... mais ai eu froid...

La 3eme marche à 13 h 45 s'est faite au soleil d'automne, et fut très agréable...

J'ai noté " expérimenté ce jour sensations agréables ou désagréables...et aussi l'équanimité... les observer sans s'y attacher ou en avoir de l'aversion "
Car au cours des enseignements de ces derniers soirs, Antonio avait parlé des sensations et de l'équanimité qu'il fallait avoir vis à vis ce celles ci. (avoir  ni saisie, ni aversion)

PAS FACILE DU TOUT...  L ' ÉQUANIMITÉ et cela aussi, je l'ai expérimenté avec ce froid... auquel je suis particulièrement sensible ...


La suite ici

1ere partie ici

1 commentaire:

  1. Une belle réponse de Yann Supanienda sur le groupe de facebook le bouddhisme du Bouddha la fin de la Souffrance: https://www.facebook.com/groups/216262018400976/?ref=ts&fref=ts à mes intérrogations sut l'intention...

    "quand on fait marche méditative, l'enseignant theravadin commence par indiquer et faire pratiquer le yogi sur le fait qu'on porte l'attention au pied gauche qui se pose.. puis au pied droite qui se pose.

    en 2ième étape: il décompose sati l'attention en 2 temps: le lever du pied et le posé du pied.. ce qui donne lever-poser.

    en 3ième étape: il rajoute le moment intermédiaire qui est le point culminant - la position haute - du pied.. ce qui donne lever-pousser-poser.

    en dernière étape: il rajoute l'intention qui doit être "vue" comme précédant le lever du pied.. ce qui donne en final: intention - lever - pousser - poser..évidemment cette intention est CAPITALE car elle est à l'origine de tous les mouvements que nous faisons.

    il y a donc un découpage en 4 parties pour chaque mouvement de pied.

    à cela il faut bien sûr rajouter les éléments dathus terre et eau qui assurent la cohésion et la dureté du pied en touchant le sol ( sensations), ainsi que l'air et le feu qui sont les éléments aériens et énergie que l'on ressent au lever et à la descente du pied.

    Pour comprendre avec clarté l'importance de l'intention, je vais donner 2 exemples. Le premier est l'exemple qui "tue"! c'est le cas de le dire! pourquoi? tout simplement parce que l'INTENTION est le facteur primordial de la renaissance que le Bouddha a vu au moyen de la clairvoyance.
    lorsque l'Aharant est libéré de toutes souillures mentales, il n'y a plus de désir( chanda - tanha) en lui.. et par conséquent plus aucune intention de renaître.

    le 2ième exemple est celui du kamma. tout acte commis de manière non-intentionnelle ( intention non consciente) ne créée pas de kamma, alors que tout acte intentionnel ( intention consciente) créée le kamma.

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