En train de devenir... Comment lâcher prise,tout en ne lâchant rien

Blog de Tâm Chân Hanh (Action Juste du Cœur)-un bouddhiste engagé plutôt du coté "extrême gauche" (la Gauche radicale , ANTI-CAPITALISTE) - pour un autre monde possible, plus juste, plus fraternel et plus humain.

Depuis mon départ à la retraite ...

il y a 2 mois
Qu'ai je fait de mes journées?
Rien ou presque rien, à première vue (de celles et ceux qui ne me connaissant pas, me voyaient m'enfermer chez nous (...)

28 août 2009

Lama Denys et Pierre Rabhi: Ecologie et spiritualité, regards croisés, 2ème partie

2 grands sages de notre époque, dans une des rares bonnes emissions de télé de France 2... (suite)






Sagesses Bouddhistes du 17 février 2008  « Les traditions religieux évoquent-elles des solutions , appréhendent-elles le futur, la spiritualité peut-elle être au centre des débats concernant ces questions de grandes importances - Quelles actions peuvent être menées conjointement pour la préservation des ressources de la planète, pour un partage équitable et pour un développement durable - »






Emission Sagesses Bouddhistes du 17 février 2008

Ecologie et spiritualité, regards croisés, 2ème partie

http://www.bouddhisme-france.org/voix_bouddhistes/detail_des_emissions/080217.htm

Invités : Lama Denys et Pierre Rabhi.

Présentation : Sandrine Colombo
Réalisateur :
Michel Baulez




EXTRAITS DE L'EMISSION

Sandrine Colombo : La semaine dernière, nous parlions des liens intrinsèques qui unissent les hommes à la nature, les rapports évidents qui lient la méditation à la préservation du vivant. Aujourd’hui, nous allons voir quelles sont les actions à mener, étudier ce que peuvent les hommes pour la nature, grâce à leur force de conviction et à leur travail. Nous retrouvons donc nos deux invités : Lama Denys, Supérieur de la congrégation Dachang Rimay et de l’Institut Karma Ling, à Arvillard en Savoie. Et M. Pierre Rabhi, écrivain et penseur,  agroécologue , Il a été reconnu expert international pour la sécurité alimentaire. Il est l’un des pionniers de l’agriculture biologique et inventeur du concept « oasis en tous lieux ». Il réside en Ardéche. Vous êtes très actifs, l’un et l’autre dans vos régions à faire part de vos soucis pour l’écologie et la préservation du vivant. Lama Denys, comment sensibilisez-vous à la nature les gens qui viennent dans votre institut Karmaling ?
Lama Denys : Vous le disiez à l’instant : nous organisons des rencontres, des réflexions, non seulement des rencontres inter-traditions, mais des rencontres écologie-spiritualité. Une rencontre importante a eu lieu en 2004, d’autres ont suivi. Nous développons aussi le lieu, le centre du Dharma comme un «  écosite », c'est-à-dire un lieu, un site qui vit dans l’harmonie avec la nature. C’est un écosite pionnier et en même temps pédagogique, de telle sorte que les personnes qui viennent puissent être sensibilisées et pratiquer l’attention de la méditation aux faits et gestes quotidiens, dans cette intelligence globale de non-violence, eu égard à soi, aux autres et à l’environnement.
S.C. : C’est une expérience qui s’adresse à tous ceux qui viennent dans votre institut ?
Lama Denys : et qui fonctionne naturellement vu que c’est le mode de vie du lieu. C’est une alimentation végétarienne, biologique, de proximité, autant que faire se peut, et saisonnière aussi, dans le respect des équilibres, de l’harmonie, d’un temps saisonnier. Le fait de vivre ainsi permet de se sensibiliser, d’apprendre à être attentif aux petites choses, qui font la différence, car c’est en commençant par soi et par l’exemple qu’on peut donner, que l’on peut  conduire une transformation globale.
S.C. : Pierre Rabhi, vous aussi êtes très actif. Vous avez récemment créé une association « Terre et Humanisme » et vous avez même été, il y quelques années, candidat à la Présidence de la République pour essayer de faire bouger les choses. Où en êtes vous aujourd’hui ?
Pierre Rabhi : Il y a un préalable malheureusement. Tant que l’humanité considérera la planète comme un gisement de ressources qu’il faut transformer en dollars, ça ne bougera pas. Donc, le préalable, c’est le changement de vision. Et le fondement de notre travail, c’est d’ouvrir une porte, disons de la méditation, à travers le concret. Nous avons parlé de graine. C’est vrai. Dans une graine, aussi infime soit-elle, il y a l’intelligence de la vie. La graine est intelligente. D’où tient-elle cette intelligence ? De l’intelligence universelle forcément. Cette symphonie universelle, dans laquelle l’être humain s’acharne à jouer une fausse note.Bien sûr, on ne se contente pas de proclamations. Nous menons des actions et ces actions reposent sur deux mouvements créés afin de relier la terre et l’humanisme dont l’une des caractéristique fondamentale est « l’agroécologie. ». Elle a pour fonction de répondre aux besoins légitimes de se nourrir des populations, mais elle part du postulat qu’on peut parfaitement avoir ce rapport à la nature et se nourrir grâce aux ressources de la nature, sans pour autant la dégrader. Je dirais même qu’on a fait des expériences de régénérer les sols, dans le pays sahélien par exemple. Des sols morts, on en a fait des sols vivants. Pourquoi ? Parce que nous nous sommes inspirés des lois de la nature.
S.C. : Parlons des méthodes. Lama Denys, bouddhistes n’ont-ils pas un rôle à jouer, eux qui pratiquent, qui cherchent à éveiller quelque chose en eux ? Est-ce qu’on pourrait essayer de s’inspirer d’une méthode bouddhiste pour éveiller à la nature ?
Lama Denys : Oui, pour changer de mentalité, pour essayer de changer de vision, de repères, pour s’entraîner à opérer une conversion d’une attitude égocentrique prédatrice, destructrice, à une attitude de respect, d’intelligence d’une interdépendance, d’une harmonie. Aujourd’hui en Occident, le bouddhisme est approché d’une façon légèrement différente de ce qu’elle était en Orient. Les tibétains étaient naturellement en harmonie avec la nature. Ils n’avaient pas d’électricité, ils ne faisaient pas d’extraction minière. Aujourd’hui, il y a besoin de bien utiliser la pratique de l’attention et de la non violence. La pratique méditative est le moyen. Et beaucoup pourrait être fait en sachant l’utiliser.
S.C. : Certaines traditions bouddhistes préconisent aussi d’être végétarien. Est-ce que ce serait une piste à explorer ?
Lama Denys : Il y a de nombreuses pistes à explorer. Le fait d’être végétarien ou de réduire sa consommation de viande, oui. Par rapport aux protéines…je laisse le soin à Pierre Rabhi d’en parler.
Pierre Rabhi : Quand on parle de protéines, on pense à l’alimentation des pays riches, des pays prospères, même les pays émergents sont en train de suivre le mouvement. C’est que, dès qu’on est riche, on veut consommer beaucoup plus de protéines animales, ce tout confondu, c'est-à-dire lait, beurre, fromage, bien sûr viande etc.. Cela nous fait rentrer dans une équation qui est lourde, parce qu’il faut à peu près dix protéines végétales parfois douze, selon les cas, pour produire une seule protéine animale. Ce qui veut dire que, quand on veut produire des protéines animales et on veut les produire dans un temps très court, dans le maximum de production, dans le minimum de temps, et le minimum d’espace. Cela s’appelle le « hors-sol ». Et le hors-sol amène une alimentation dite « concentrée ». A tel point que vous avez, par exemple, 50 % du territoire agricole occupé par la culture pour alimenter les animaux. Le maïs, par exemple, qui rentre beaucoup dans l’alimentation concentrée, nécessite 400 litres d’eau par kilo de grains, ce qui fait que la consommation en eau est considérable. Sans compter les effets collatéraux, qui sont les nuisances dues aux substances chimiques.
S.C. : Pour s’inspirer aussi du modèle bouddhiste, pratiquer, c’est tendre vers la modération et la modération, Pierre Rabhi, c’est aussi une piste à suivre ?
Pierre Rabhi : La modération est absolument indispensable, à partir du moment où l’on est conscient que notre planète ne peut pas reproduire les ressources au rythme où les prélève 20% à 30% de l’humanité, laissant de côté 70 % de l’humanité dans l’indigence. Donc la modération va de soi. J’appelle ça la « sobriété heureuse ». C’est trouver l’équilibre entre être et avoir. Avoir, certes, parce que c’est indispensable et légitime. Mais aussi avoir le temps d’être et je crois que cette modération porte en elle-même un certain bonheur.
S.C. : Lama Denys, vous recommandez aussi la modération ?
Lama Denys : Découvrir et pratiquez le bonheur de la simplicité. La modération heureuse, plus de bonheur et moins d’avidité. Une modération heureuse, c’est ce que nous enseigne le Bouddha depuis bien longtemps.
S.C. : C’est ce que l’on peut recommander aux pays riches, aux gens qui vivent dans l’opulence. Mais que dire aux plus pauvres, qui n’ont même pas accès au surplus ?
Pierre Rabhi : C’est le grand drame de la société actuelle globale, humaine non évoluée. L’excès des uns se traduit par l’appauvrissement des autres. Il y a donc nécessité de revenir à une équité dans le partage des ressources planétaires et que ces ressources soient considérées vraiment comme le bien collectif de l’humanité. La forêt Amazonienne par exemple ne doit pas appartenir au Brésil, elle doit appartenir à l’humanité. Comme toutes les ressources qui sont des ressources vitales, devraient être inscrites comme les ressources que l’humanité toute entière doit gérer, d’abord pour le bien d’aujourd’hui et aussi pour les générations futures, auxquelles nous sommes en train de rendre la vie future absolument impossible.
S.C. : vous qui oeuvrez depuis très longtemps dans ces domaines, avez-vous vu les choses un peu bouger, Lama Denys ?
Lama Denys : La sensibilité par rapport au désastre, oui. Tout le monde en parle. Mais l’action concrète pour un changement véritable, il y a encore beaucoup à faire et je pense qu’il est vraiment nécessaire de se mobiliser, car nous sommes dans une course contre la montre et il y a vraiment urgence.
S.C. : Et vous Pierre Rabhi, est ce que vous avez le sentiment d’être moins seul dans votre action ?
Pierre Rabhi : Comme cela fait plus de quarante cinq ans que je suis impliqué, j’ai le sentiment que cela ne va pas assez vite et que les évolutions négatives par contre vont très vite. Alors il y a le meilleur et le pire. Le problème aujourd’hui, c’est : est-ce que la fracture, si elle doit se produire, ne sera pas irréversible ? C’est pour cela que le temps nous est compté. On ne peut plus continuer à tergiverser, à faire des petites réparations. C’est dépassé. La question est tellement fondamentale que l’écologie doit être ainsi posée : Voulons nous vivre ou périr ? Si nous ne posons pas la question comme cela, on continuera à rafistoler notre modèle pour le faire absolument perdurer et plus il perdurera, plus il détruira.
S.C. : Que faire pour la jeunesse qui va hériter de notre planète ? Vous êtes en train de créer une branche du scoutisme, je crois ?
Lama Denys : Oui, les Eclaireurs de la nature. Et Pierre Rabhi a accepté d’être un membre du Comité des sages, de rapprocher une dimension spirituelle et une dimension de sensibilité à la nature. Pierre Rabhi dit souvent : «  Quelle planète laisserons-nous à nos enfants et quels enfants laisserons-nous à la planète ? »
Pierre Rabhi : Bien entendu, ce sont les deux. Et pour ce qui nous concerne, nous sommes en train de mettre en place un « Mouvement International pour la Terre et l’humanisme », parce que l’écologie ne doit pas simplement rester dans le monde des phénomènes. Les jeunes aujourd’hui sont en attente de l’enthousiasme, c'est-à-dire le divin en soi, quelque chose qui crée à partir de l’intérieur. Et je pense qu’ils sont sensibles à cela et pas seulement à une écologie des phénomènes.
Lama Denys : Il n’y a pas d’écologie externe, sans écologie intérieure.
S.C. : Merci à tous deux d’avoir participé à cette émission.
Remerciements à Madame de Mareuil pour sa gracieuse et fidèle collaboration à la rédaction de la transcription de l'émission.

27 août 2009

Ecologie et spiritualité, regards croisés, 1ère partie


2 grands sages de notre époque, dans une des rares bonnes emissions de télé de France 2
soit disante chaine de télévision publique...
(je sais je dois m'abstenir de porter un jugement....)

Emission Sagesses Bouddhistes du 10 février 2008
sur le blog de Micka
http://catetmic.canalblog.com/archives/2008/02/index.html




Et sur le site de l'UBF Union Bouddhiste de France

http://www.bouddhisme-france.org/voix_bouddhistes/detail_des_emissions/080210.htm


Ecologie et spiritualité, regards croisés, 1ère partie

Invités : Lama Denys et Pierre Rabhi.

Présentation : Sandrine Colombo
Réalisateur :
Michel Baulez



KARMA LING
Dachang Rimay (Congrégation)
Tradition tibétaine Kagyupa
Hameau de Saint-Hugon 73100 Arvillard
Tel : 04 79 25 78 00
Fax : 04 79 25 78 08
Site internet : www.karmaling.org
e-mail : accueil@karmaling.org
Pierre Rabhi
« Association Terre et Humanisme »
Transmission de l’agroécologie pour l’autonomie alimentaire des populations et la sauvegarde des patrimoines nourriciers. Stages d’initiation à la terre ouverts à tous et programmes de solidarité internationale.
Mas de Beaulieu BP 19 07230 LABLACHERE
http://www.terre-humanisme.org
Cyril Dion
Mouvement International pour la Terre et l’Humanisme
1 Carrefour de Longchamp 75016 PARIS
Tél. : +33 01 42 15 50 17
Mob. : +33 06 27 81 41 73
www.mouvement-th.org
cyril.dion@mvt-terre-humanisme.org


EXTRAITS DE L'EMISSION

Sandrine Colombo : Un cri d’alerte ce dimanche : « Au secours ! La terre est en danger. » C’est un thème d’alerte, certes, dans l’air du temps : tout le monde parle du réchauffement climatique, de la pollution. Le prix Nobel de la paix d’ailleurs a été attribué à un politicien, AG Gore, mais les choses bougent encore très lentement. Une prise de conscience a beau avoir lieu, à un niveau individuel comme à un niveau collectif, les indicateurs restent mauvais. Pourtant il y a des solutions à trouver en chacun d’entre nous, les valeurs du bouddhisme et ce depuis toujours, prenant en compte la nature. Aujourd’hui, on pourrait dire que les pratiquants bouddhistes ont une longueur d’avance sur le sujet de l’écologie. La protection de la nature fait partie du Dharma.
Comment contribuer à faire avancer l’écologie contemporaine .Nous recevons deux invités pour mener ce débat. Lama Denys, Président Honoraire de l’Union Bouddhiste Européenne, et Supérieur du ssngha Rimay, dont la Congrégation Dachang Rimay et l’Institut Karma Ling, sont en Savoie.
vous avez créé plusieurs rendez-vous inter religieux sur l’écologie. Vous sensibilisez les pratiquants aux problèmes de la nature et avez créé « un éco site. » On verra ce que c’est. Pierre Rabhi , écrivain, penseur et militant en faveur de la nature depuis plus de quarante ans. Vous êtes l’un des pionniers de l’agriculture biologique et avez lancé très récemment le mouvement « Terre et humanisme » pour appeler au changement de mentalité vis-à-vis de notre terre nourricière. Avant d’entrer dans le vif du sujet, nous allons voir un rapide reportage sur les maux dont souffre aujourd’hui la planète.
« La terre malade de ses habitants : émissions de gaz à effet de serre, déforestation, pollution des mers, épuisement des énergies fossiles, les causes des blessures sont multiples et produisent des catastrophes, certaines plus visibles que d’autres, comme les marées noires auxquelles n’échappe aucune mer au monde.
Souillé par des gaz autrement plus toxiques que le pétrole brut, l’atmosphère est en train de se réchauffer de façon inexorable. Les glaciers fondent entraînant une élévation du niveau de la mer, tandis que le climat change, beaucoup plus vite qu’on ne l’aurait cru. Des signes de destruction parfaitement recensés.
Oui, l’humanité a bien pris conscience qu’elle dévastait la planète et cherche depuis les années 1980 à enrayer le mouvement.
Ainsi tous les pays, les riches comme les pauvres, se retrouvent périodiquement. Quinze ans après le sommet de Rio, cinq ans après celui de Johannesburg, près de cent quatre vingt dix pays se sont encore réunis à Bali en décembre dernier, mais les intérêts divergent, entre bonnes intentions pour les uns, besoin de sortir de la pauvreté pour les autres et envie de progresser toujours plus pour d’autres encore.
Pourtant pour préserver le vivant, les solutions existent et la communauté internationale a déjà su s’organiser en urgence pour sauver la couche d’ozone. Mais malgré la décision rapide d’arrêter les gaz CFC, l’ozone ne retrouvera qu’en 2060 son niveau de 1980.
S.C. : Les choses sont plutôt alarmantes. Pourquoi, à votre avis, Pierre Rabhi, les hommes se sont-ils éloignés de la nature ?
Pierre Rabhi : Je crois que c’est un fait de civilisation. Avant, disons la révolution industrielle, les hommes, bon an mal an, étaient quand même proches de la nature, puisqu’ils en tiraient leurs subsistances. Avec l’industrialisation évidemment, on est passé à un autre paradigme, c'est-à-dire qu’on a en fait inversé le courant de l’histoire. On est allé exhumer des matières mortes comme le pétrole, les minerais etc.. et on a fondé ce qu’on pourrait appeler d’une manière synthétique, la civilisation de la combustion. Cette civilisation de la combustion et la fameuse industrialisation, ont fait que des populations entières se sont concentrées sur des pôles industriels et on a créé une sorte de « hors sol », appliquée à l’humain. Et à partir du moment où l’être humain est confiné dans ce hors sol et dans cet univers minéral, il est de plus en plus déconnecté de la nature, en tant que fondement de la vie et continuité, et phénomène continu.
Je pense qu’il y a une grande ignorance maintenant de l’écologie, parce que l’écologie ne devrait pas être enseignée. Elle devrait être la base même de la connaissance, en faire simplement un paramètre est une erreur. L’écologie représente les lois de la vie, de tout le monde, de tout un chacun, n’importe qui. Ainsi, cet éloignement fait qu’il n’y a plus cette connexion et n’ayant plus cette connexion, il n’y a plus compréhension.
Evidemment, on a beaucoup transgressé et aujourd’hui, on est face aux problèmes qui ont été exposés.

S.C. : Lama Denys, le bouddhisme est-il intrinsèquement lié à l’écologie ?

Lama Denys : La tradition du Bouddha est fondée sur l’intelligence de l’harmonie et la pratique de l’harmonie, l’harmonie étant l’intelligence de l’interdépendance et une action de non violence, ce que connaissent bien tous les bouddhistes. Et l’harmonie se vit avec soi, avec les autres, avec notre environnement.
Cette harmonie de non violence, dans l’intelligence de l’interdépendance, est au cœur de la tradition du Bouddha, elle l’a toujours été. Et c’est de vivre celle-ci qui peut nous ramener à nous reconnecter à la nature, à notre nature - car notre nature et la nature ne sont pas différentes, et à dépasser cette civilisation de la combustion, dont Pierre Rabhi parlait très bien à l’instant, et à ré-enchanter la nature, à retrouver ce lien co-naturel et à sortir de cette bulle mentale, égoïste, qui nous fait nous comporter en consommateurs.
Il y a une maxime bien connue de l’apprentissage spirituel dans le Dharma, qui dit :
« Tous les problèmes se ramènent à un seul, c'est-à-dire l’égoïsme. »
Celui-ci nous fait, dans le pouvoir, avoir cette attitude prédatrice de vampirisme. La tradition du Bouddha est un remède pour dépasser cet égoïsme destructeur.
S.C. : Dans la tradition bouddhiste, on prend parfois une image : celle de la graine, donc une image végétale justement, qui met en relation l’homme et la nature ?
Lama Denys : La graine effectivement est notre potentiel d’éveil que l’on peut cultiver, il s’agit de le dévoiler. La nature est déjà là, saine, et il s’agit de nous reconnecter à notre santé fondamentale, à notre bonté fondamentale. Cette image de la graine est aussi très pertinente, au sens où l’on récolte ce que l’on sème. On ne récolte rien qui ne fut semé. C’est l’intelligence du karma, de la causalité. Aujourd’hui, nous avons malheureusement semé de mauvaises graines. Nous avons détruit, nous avons pollué et il est urgent maintenant de pouvoir contrecarrer et semer des graines positives, semer de bonnes graines et les cultiver.
S.C. : Pierre Rabhi, dans l’un de vos livres « Conscience et Développement », vous parlez du lien étymologique qu’on pourrait recréer entre l’homme, l’humain et l’humus. Donc il y a un lien très fort entre la terre et les hommes finalement ?
Pierre Rabhi : Oui, l’humus est à la fois une matière, une matière issue des résidus qui ont subi une transformation pour redonner élan à la vie. C’est ce qu’on voit dans les forêts. Dans les forêts, les résidus se transforment en humus et cet humus, quand il est entraîné dans la terre, donne la terre nourricière, c'est-à-dire, en agronomie, ce qu’on appelle le fameux complexe argilo-humus. C’est la combinaison de l’humus et de l’argile ou d’un substrat minéral, qui donne la fécondité. Et au-delà, il a un effet qu’on pourrait dire physique, biologique, mais symboliquement aussi, car étymologiquement, humus, humanité, humilité, c’est la même chose. Cet aspect humilité qui est de l’ordre symbolique, nous rappelle que l’humus est fait de déchets, mais que ces déchets, une fois transformés par une alchimie particulière, qui sont des techniques qu’on peut appeler compostage ou autre, aboutissent à redonner une matière qui relance la vie. Et cela, ce n’est pas simplement une métaphore. J’ai expérimenté cela dans les terres les plus arides du Sahel où j’ai beaucoup travaillé. Et ces terres arides, quand on leur apporte de l’humus, c'est-à-dire ces détritus transformés, cela les ensemence, c'est-à-dire que cela leur amène des bactéries, des micro-organismes, des ferments, des levures etc.. et cela ré-ensemence la terre nourricière qui est stérile et lui redonne la vie.
S.C. : Est-ce que, pour se soucier de la nature, Lama Denys, il faut entreprendre une démarche spirituelle ?
Lama Denys : Oui, mais tout dépend ce que l’on appelle une démarche spirituelle. S’il s’agit de sortie de la bulle, du cocon de l’ego, de ses projections mentales, dans lesquelles nous nous sommes enfermés, dans ce sens là, certainement. C’est le propre de la pratique méditative, contemplative, de laisser le mental s’apaiser. Dans ce sens là, il y a une démarche que l’on peut dire spirituelle.
S.C. : Est-ce qu’auparavant, il n’y avait pas une spontanéité ? L’homme était forcément tourné vers la nature, puisqu’il en avait besoin ?
Pierre Rabhi : Oui, on en parle au passé, mais il existe encore des peuplades qui sont dans cette attitude. Aujourd’hui, sur notre planète, il existe des peuplades qui considèrent la « terre mère » et qui ne la considèrent pas comme une propriété. Là où il y a eu une rupture, c’est à partir du moment où l’être humain ne se reconnaissait plus comme faisant partie de cet ordre là, et comme une des expressions, une des créations de cet ordre là, et où il a prétendu qu’il fallait qu’il impose ou qu’il applique à cet ordre là, son bon vouloir. A partir de ce moment là, on pourrait dire que c’est le début de la naissance où l’être humain veut ordonner le monde à sa convenance, sans tenir compte des lois fondamentales qui ont présidé jusqu’alors.
S.C. : Qu’est ce qui fait que les choses avancent très peu, voire ne bougent pas, Lama Denys, malgré les appels et toutes sortes d’événements qui sont organisés, par vous-même, par d’autres internationaux ? On a le sentiment que les communautés restent un peu immobiles ?
Lama Denys : Tout le monde est sensibilisé aux problèmes. Ce que vous montriez au début en est un bon rappel. Les solutions existent, elles sont connues, mais très peu, ou rien ne se fait pratiquement. C’est la résistance par rapport au changement, le changement nécessaire. Il faudrait que nous changions de mode de vie. Et c’est bien cela qui est difficile. Il faudrait que nous changions notre mode d’alimentation, notre mode d’habitation, nos modes de déplacement, nos modes de loisir, dans une évolution, une simplification. C’est très difficile le changement, revenir et redécouvrir ce qu’on peut appeler une simplicité volontaire, le bonheur de la simplicité, d’une modération délibérée. Difficile car cela nécessite que nous changions de modes de pensée, de mentalité et que nous transformions notre égoïsme. C’est ce que le Bouddha nous enseigne depuis vingt cinq siècles.
S.C. : Changer de mentalité, changer de comportement, c’est ce que nous verrons la semaine prochaine dans la deuxième partie de cette émission consacrée à l’écologie et la spiritualité.

24 août 2009

Protégeons notre environnement: Une allocution de Sa Sainteté le dix-septième Karmapa

Magnifique texte de sa Sainteté le Karmapa lui même, que j'ai découvert ici: http://zen.viabloga.com/news/protegeons-notre-environnement et que je m'empresse de partager

Un lotus pour vous toutes et tous
Michel
Agir sur soi afin d'agir dans la société, consommer autrement, agir par la consommation,
devenir consom'acteur pour ne plus être (con)sommateur...


Le dix-septième Gyalwang Karmapa, Orgyen Trinley Dorjé, est le chef spirituel de la tradition Karma Kagyü. Il est né en 1985 dans une famille nomade de la province du Kham au Tibet. Reconnu par le Dalaï-Lama, il fut intronisé au monastère de Tsurpou en 1992. Au début de l'année 2000, il s'enfuit en Inde où il réside depuis à Dharamsala. Le dix-septième Karmapa est connu pour ses engagements écologiques et pour le végétarisme. Lors du Kagyü Monlam, le festival des prières pour la paix dans le monde, de fin décembre 2007 à Bodhgaya, il s'adressa à l'ensemble des moines de la tradition Kagyü sur l'urgence environnementale. Ce texte retranscrit la plus grande partie de son allocution. Traduction française Daniel Roche, d'après la version anglaise de Ringou Tulkou Rinpoché et de Karma Choephel.



Depuis que l’espèce humaine est apparue sur cette Terre, nous l’avons abondamment exploitée. On dit que 99 % des ressources mondiales proviennent du milieu naturel. Nous sommes en train d’épuiser la Terre. La Planète nous a prodigué d’infinis bienfaits, mais qu’avons-nous fait pour elle ? Nous ne cessons de la mettre à contribution mais sans jamais rien lui donner en retour. Nous n’avons jamais de pensées aimantes ou protectrices envers elle. Chaque fois qu’un arbre ou une plante quelconque pousse, nous l’abattons. Nous nous disputons la moindre parcelle de terre. Le cycle ininterrompu de guerres et de conflits pour se l’approprier continue de sévir. Somme toute, nous n’avons pas fait grand chose pour la Terre. Le temps est venu où la planète se fait menaçante, le moment est venu où elle nous abandonne. Elle est tout près de nous maltraiter et de nous abandonner. Si elle nous délaisse, où pourrons-nous vivre ? On parle de se rendre sur d’autres planètes où la vie serait possible, mais cela ne concernerait que quelques personnes fortunées. Que se passera-t-il pour toutes les formes de vie qui ne pourront être du voyage ?

Que devons-nous faire maintenant que la situation est devenue si critique ? Les êtres vivant sur Terre et les éléments du monde naturel doivent se donner la main. La Terre ne doit pas abandonner les êtres vivants et les êtres vivants ne doivent pas abandonner la Terre. Chacun doit tenir la main de l’autre. Le symbole du Monlam ne ressemble-t-il pas à deux mains qui se serrent l’une l’autre ?



Sa forme ressemble au motif du drapeau de paix et de sérénité que vit en rêve le seizième Gyalwang Karmapa et que l’on utilise régulièrement chez les Karma Kamtsang. Si je l’avais entièrement créé moi-même, je doute qu’il aurait une quelconque action bénéfique, mais utiliser le motif du précédent Karmapa comme modèle pourra sans doute nous offrir cette bénédiction. C’est un symbole du Kagyü Monlam que nous utilisons pour le bénéfice du monde entier. Nous n’abandonnerons pas la Terre ! Puisse la paix régner sur Terre ! Puisse la Terre se perpétuer pendant des millénaires ! Telles sont les prières que nous faisons lors du Kagyü Monlam, et c’est pourquoi ce symbole est l’emblème du Monlam. Je pense qu’il pourrait aussi devenir un emblème pour ceux qui ont de la tendresse pour la Terre et qui veulent la protéger.

* * *

Ces derniers temps, les températures de la planète ont augmenté de façon spectaculaire, ce qui a mis gravement en danger le monde lui-même. Autrefois, nous, les Kagyüpas, n’avions pour demeures que des refuges de montagnes isolés, grottes ou cabanons de pierre – des refuges agréables – et il n’était pas besoin de faire des travaux, de creuser le sol, d’abattre quantité d’arbres ou d’exploiter des carrières. Mais par la suite, soit du fait de leur activité grandissante au profit des êtres et des enseignements, soit parce que, comme dit le proverbe, « Plus vous méditez sur le mahâmudrâ, plus vous devenez actifs », les méditants du mahâmudrâ devinrent trop occupés. Ceux qui étaient censés suivre le chemin de la lignée de pratique dans des lieux haut perchés, rocailleux et enneigés, n’y parvenaient plus. Ils sont alors descendus dans les vallées et il devint nécessaire de construire beaucoup de monastères.

Aujourd’hui, de nombreuses monastères Kagyü disent : « Nous allons construire un nouveau bâtiment monastique. » Sans le moindre scrupule, ils abattent la totalité des arbres ou des bois qui avaient naturellement poussé aux environs du site choisi, au risque de détériorer gravement l’environnement. Certains monastères abattent même les arbres de leurs bois pour les vendre. Quand nous faisons cela, nous ne mesurons pas les dommages que nous causons aujourd’hui, mais nous créons des problèmes pour l’environnement tout entier qui apparaissent quelques années plus tard. Le dommage causé à l’essence de la Terre ou à l’essence du site, comme nous l’appelons, nuit considérablement à l’environnement, et nous pensons alors, « Oh, non ! Qu’avons-nous fait ? » Mais si on y pense seulement après, il est trop tard. Il faut vingt ou trente ans pour qu’un arbre arrive à maturité, il ne pousse pas dès sa plantation.

C’est pourquoi il nous faut comprendre clairement, dans tous nos monastères de l’Inde, du Népal et du Tibet, que si nous sommes incapables de considérer la totalité des êtres au sein de l’espace infini, ce n’est pas si important. Par contre, nous vivons sur cette Terre, et tout le monde peut le voir. Si la Terre est détruite par le changement climatique, il n’y aura plus aucun Kagyüpa. Il n’y aura plus aucun Karma Kamtsang. Nous serons tous condamnés. Ne nous imaginons pas que nos protecteurs du dharma et Mahâkâla Bernakchen nous sauverons, que le reste du monde sera détruit et que nous serons épargnés. Voilà qui est exclu. C’est pourquoi nous devons protéger l’environnement. Nous devons assurer l’éducation appropriée dans les monastères. Nous ne devons pas nous acharner à toujours creuser et construire, mais aussi agir pour protéger l’environnement. Les sûtras et les tantras disent que garder propres les monastères et les lieux sacrés apporte d’infinis bienfaits. Il en va de même avec la Terre : la Terre est en grand danger, elle a besoin de nos soins, nous devons donc essayer de contribuer à la défense de l’environnement pour tous les êtres dans le monde. Même si nous ne pouvons rien faire d’autre, il n’est pas très difficile d’expliquer les gestes essentiels à accomplir pour protéger le monde. Vous devez instruire les gens sur cette question et bien leur faire comprendre la situation. Que nous soyons des membres du sangha ou des laïcs, si nous nous soucions chaque jour de la défense de l’environnement, cela aura d’excellents effets.

* * *

La plupart de ceux qui sont réunis ici aujourd’hui, qu’ils soient ou non nés au Tibet, ont des liens avec le dharma, la culture et la langue tibétaines. De plus, la plupart d’entre nous viennent de l’Inde, du Népal, du Bhoutan ou du Sikkim. C’est pourquoi, nous devons tous penser à la défense de l’environnement au Tibet afin de protéger le nôtre : en effet, la plus grande partie de l’eau potable de huit pays d’Asie, y compris l’Inde, provient du Tibet. Si l’environnement du Tibet est souillé, cela risque d’avoir des conséquences très nuisibles pour l’Asie. Si l’écosystème de l’eau est déréglé au Tibet, il en résultera de nombreux problèmes, comme les inondations en aval, dans le Yangzi Jiang. Lorsque ces grands fleuves débordent de leur lit cela provoque d’énormes dégâts, des inondations, entre autres calamités. Le gouvernement chinois projette actuellement de reboiser le Tibet. L’Inde et d’autres pays sont également préoccupés par l’environnement au Tibet, car c’est une question primordiale.

Chaque fois que nous ouvrons la bouche, c’est pour affirmer que le Tibet appartient aux Tibétains, mais que faisons nous, nous autres Tibétains, pour notre pays ? Défendons-nous l’environnement du Tibet ou le détruisons-nous ? Les Tibétains ont conservé d’anciennes croyances héritées de leur tradition. Quand on vivait à proximité d’une montagne grandiose, on la considérait comme la demeure de quelque esprit. C’était un endroit vénéré que nul ne pouvait perturber, exploiter ou creuser. Une forêt imposante, un rocher ou une falaise d’une forme inhabituelle étaient aussi perçus comme abritant des esprits. Cette croyance a été fort utile. Lorsque j’étais jeune, nous n’osions pas aller jouer sur les montagnes sacrées où vivaient les divinités du lieu. Il était impossible de les déranger, nous n’osions même pas nous y aventurer. Il ne nous était pas permis de plonger nos mains dans les torrents qui fournissaient l’eau potable. À la fois pour ne pas les polluer et pour ne pas mettre en colère les nâgas. Pour nous laver les mains ou les pieds, nous devions puiser de l’eau du torrent et nous nettoyer ailleurs. En aucun cas, il n’était permis de se laver, de se baigner, de faire sa lessive, ou de jeter des produits chimiques dans les cours d’eau. Il y avait partout des coutumes à peu près semblables. Mais de nos jours, beaucoup de personnes, surtout les jeunes, disent : « Tout ça relève d’une foi aveugle, ce n’est qu’une croyance religieuse. » La protection de l’environnement qu’imposaient ces conceptions traditionnelles régresse dangereusement. L’approche traditionnelle disparaît sans avoir été relayée par une éducation contemporaine sur la défense de l’environnement.

Au Tibet aujourd’hui, on se soucie surtout de développement économique et d’enrichissement. Il n’est question que de créer des élevages industriels, de construire d’immenses maisons ou d’acheter des voitures. C’est l’état d’esprit dominant. De nos jours, on utilise d’énormes quantités de bois – bien plus qu’avant – pour construire de superbes maisons de style tibétain. Auparavant, seuls les monastères possédaient de telles sculptures et ces décorations, mais de nos jours un grand nombre de maisons de gens ordinaires possèdent des fenêtres élaborées, des encadrements de portes, etc. Tout cela est certes ravissant, mais une grande quantité de bois et de pierres se trouve gaspillée. Si toutes les forêts sont rasées, plus rien ne pourra retenir ou endiguer les inondations. Il n’y aura plus rien pour contenir les tremblements de terre.

Aujourd’hui, on trouve beaucoup d’élevages industriels produisant de la viande. Cela n’existait pas auparavant au Tibet, ce n’était pas nécessaire. L’élevage industriel facilite le travail. On trouve des élevages de porcs, de poulets, de canards et de bovins. On fait des piqûres aux animaux pour les engraisser et on leur administre toutes sortes de drogues. Les élevages industriels s’agrandissent et tout ce bétail produit d’énormes quantités de fumier et de méthane qui polluent l’environnement et l’air pur. Nous devons réfléchir sérieusement à tout cela. Le Tibet, le toit du monde, est propre et pur. C’est notre magnifique pays. Même si d’autres ne peuvent le protéger, nous devons nous garder de l’endommager. Si nous en prenons bien soin, nous les Tibétains, nous n’aurons pas compromis notre honneur et notre responsabilité. Nous avons déjà perdu beaucoup de ce que nous avions, et si nous détruisons ce qui nous reste, il n’y aura plus rien que l’on puisse appeler « tibétain ». Même si un accord était trouvé et que nous puissions obtenir la liberté pour le Tibet, dans quelle sorte de pays natal retournerions-nous ? Nous l’aurions détruit. Si nous le transformons en un immonde dépotoir, la liberté retrouvée ne suffira pas à nous rendre heureux.

L’une des raisons de cette situation, et c’est notre faute, c’est que nous ne nous sommes pas beaucoup intéressés à l’éducation. Plus nous serons concernés par la connaissance de l’environnement, plus nous l’apprécierons et en prendrons soin. Le Tibet possède un environnement exceptionnel, avec son cercle de montagnes enneigées qui le protège de la pollution extérieure. Il est de notre responsabilité que chacun de nous s’informe et protège la pureté et la propreté de cet environnement naturel. Nous devons tous défendre l’environnement du monde entier pour le futur, et tout particulièrement le Tibet et la chaîne himalayenne. Le Tibet recèle probablement la source d’eau potable la plus importante au monde. Nous devons prendre cet aspect en considération, particulièrement dans nos différents monastères. Je pense qu’il serait très bon que chaque monastère en Inde, au Népal ou au Tibet suscite l’intérêt pour la défense de l’environnement. Je ne suis pas un expert des questions environnementales, mais il y a quelques points que nous devrions connaître et appliquer. Si vous pouviez les reprendre dans vos monastères et donner une instruction aux moines et aux fidèles laïcs associés à vos monastères, cela nous profitera en tant que personnes et en tant que communautés.

Le premier point concerne les véhicules. Il arrive souvent que, dès qu’il a terminé la retraite de trois ans, un lama achète un camion. Cela me rappelle un petit moine novice de Tsurpou. À la question : « Que veux-tu faire ? » Il a répondu : « Je veux devenir un lama. » « Que feras-tu lorsque tu seras un lama ? » « Je ferai une retraite de trois ans, j’achèterai le livre de Karma Chakmé sur les rituels de Toh et je voyagerai. » Il avait vu des lamas agir ainsi. C’est donc l’image que les enfants se font des lamas. Chaque lama achète sa propre voiture pour laquelle il faut du carburant. Comme les réserves mondiales de pétrole diminuent, son prix augmente sans arrêt. Pourquoi chaque lama aurait-il besoin d’une voiture particulière ? Chacun veut posséder un véhicule luxueux qui consomme beaucoup d’essence, sinon il ne se sent pas un lama digne de ce nom. Je ne peux que m’étonner du contraste avec la vie des maîtres d’antan, qui mettaient en pratique la limitation des désirs et la satisfaction du peu que l’on a. Les lamas, qu’ils soient ou non des moines, sont des pratiquants du dharma. Cela signifie qu’ils devraient éprouver peu de désirs et se contenter de ce qu’ils possèdent. Ils ne devraient pas courir après les huit dharmas mondains de cette vie, même s’ils sont naturellement sollicités. De nos jours, cela ne se passe pas comme ça. C’est un problème. Nous devons repenser la nécessité d’acheter autant de voitures, en particulier celles qui consomment beaucoup de carburant. Nous devons cultiver la sobriété. Ces habitudes sont aussi nuisibles pour nos rapports avec la population locale. La plupart d’entre nous ici, en Inde, sommes des réfugiés. Les gens d’ici deviendront jaloux si nous conduisons des voitures plus luxueuses que les leurs. C’est déplacé et inutile.

Le deuxième point concerne l’électricité. Dans les régions reculées du Tibet on utilise l’énergie solaire et les éoliennes. C’est une bonne chose. Il est coûteux de produire de l’électricité, et l’utiliser sans se soucier des répercussions sur l’environnement est destructeur. Au monastère de Tsurpou, il n’y avait pas d’électricité mais on a installé des panneaux solaires. Les panneaux solaires sont encore assez chers. Cela peut revenir très cher de fournir l’énergie suffisante pour un grand bâtiment. Mais les énergies solaire et éolienne sont rentables car les coûts d’exploitation sont nuls et elles ne nuisent pas à l’environnement. Au Tibet, sur le toit du monde, le soleil brille très fort et beaucoup de gens utilisent l’électricité solaire. Dans nos monastères, nous sommes nombreux et nous avons de grosses dépenses d’électricité. Comme nous payons déjà pour l’électricité, nous devons réfléchir aux moyens de l’économiser. Ne laissez pas les lumières allumées pendant la journée quand il fait beau.

Le troisième point concerne la reforestation. Nous, bhiksus, n’avons pas le droit de couper des arbres ni aucune plante qui a des racines et porte des fruits. Telle est l’immense résolution du Seigneur Bouddha. Non seulement les bhiksus, mais nous tous devons garder cela en mémoire. L’oxygène pour toutes les créatures vivantes en ce monde provient des arbres et des plantes. Donc, si nous pouvons planter ne serait-ce qu’un arbre, cela aidera sans doute un grand nombre de créatures à survivre. Parfois, je pense même qu’il serait préférable de planter un seul arbre que de procéder à la libération de la vie de nombreux êtres.

L’année dernière, je vous ai parlé de faire des libérations de vie, d’arrêter de manger de la viande, et de devenir végétarien, tout cela pour la longue vie de Sa Sainteté le Dalaï-Lama, de moi-même, et de nombreux lamas de notre lignée qui sont devenus âgés, afin qu’ils puissent continuer à rester longtemps parmi nous. Cette année, je pense qu’il serait bon que chacun de nos monastères plante un millier d’arbres, sinon plus. Quand je parle de planter, cela ne signifie pas qu’il faut le faire absolument tout près du monastère. Vous pouvez vous associer avec des groupes qui reboisent des forêts ou aider des personnes qui plantent des arbres. Cela concerne les monastères qui en ont les moyens. Si vous n’avez pas les ressources nécessaires, c’est une autre question. Il existe, cependant, des monastères qui ont quelque richesse et sont disposés à agir pour la longue vie de leur lama. Ma recommandation particulière pour cette année est que chaque monastère plante au moins un ou deux milliers d’arbres. Si les monastères ne le peuvent, les moines peuvent planter eux-mêmes des arbres. Les bienfaiteurs sont également les bienvenus. La plupart des moines ne disent pas qu’ils possèdent beaucoup d’argent, et je ne sais comment ils dépensent cet argent. Il serait sans doute bon que nous puissions créer une belle forêt verdoyante pour le bénéfice de toutes les créatures vivantes, tout particulièrement au Tibet. Le Tibet couvre une vaste superficie et nous pouvons planter autant d’arbres que nous le voulons. Si les monastères doivent abattre des arbres, il serait profitable pour eux de planter plus d’arbres qu’ils n’en coupent. Abattre des arbres sans en replanter est par excellence le type d’acte susceptible de mécontenter les divinités du lieu et les nâgas.

Le quatrième point ne relève pas de notre responsabilité de moines car les moines ne cultivent pas la terre. Par contre, les agriculteurs utilisent différents types d’engrais chimiques pour accélérer la croissance de leurs cultures. La première récolte est abondante, mais ensuite, le sol perd de sa fertilité et devient semblable à du sable, d’après ce que l’on m’a dit. Cette stérilité est due aux engrais chimiques qui épuisent le sol. Il y a de nombreuses exploitations agricoles au Tibet. Lorsque nous cultivons ce que nous avons planté, nous ne devrions pas estimer que puisqu’il s’agit de notre champ nous pouvons y faire ce que nous voulons. C’est une question à laquelle nous devons réfléchir. L’autre, c’est que l’utilisation d’engrais chimiques épuise la fertilité de très vastes zones de culture. Les moines n’ont pas besoin de travailler eux-mêmes dans les champs, mais ils ont de nombreux amis et parents qui le font. À moins d’un effort général et collectif, il sera difficile de défendre l’environnement.

En résumé, pour ce qui est de l’espèce humaine, deux conditions nous poussent à agir. La première c’est la peur. Tous les êtres, y compris les animaux, sont mus par la peur. Ils sentent un péril pour leur existence, éprouvent de la peur, voire de la terreur, et trouvent alors un moyen de résoudre le problème rencontré. Par contre, je pense qu’aller de l’avant parce qu’on y voit un avantage ou un bénéfice est certainement pour l’essentiel l’affaire des humains. Nous disposons d’un cerveau et d’une intelligence. Pourtant, malgré ce cerveau et cette intelligence, si chacun de nous se contente de vivre sans agir à bon escient, il ne sera qu’une bouche supplémentaire à nourrir, une personne de plus qui occupe de l’espace, un corps de plus qui s’entasse dans le monde. Il n’en résultera pas le moindre bénéfice. Vivant dans le monde, nous devons faire preuve d’intelligence et définir notre vision de l’avenir. Je pense que ce n’est qu’à cette condition que notre existence ici-bas aura un sens. Nous ne nous contenterons plus d’occuper de l’espace. Nous serons utiles aux autres créatures qui cohabitent avec nous sur cette Terre. Défendre l’environnement est une question importante dans le monde aujourd’hui. Mais ce n’est pas la raison pour laquelle je tremble sur ce trône et que j’en parle. Le Seigneur Bouddha et nombre d’anciens maîtres sages et réalisés qui l’ont suivi, ont laissé il y a bien longtemps des prophéties sur la dégénérescence qui toucherait les temps à venir : l’environnement se dégradera et les êtres qui y vivront seront eux aussi atteints de dégénérescence. Tels sont les avertissements des anciens maîtres. Or, nous ne leur prêtons aucune attention. Les gens se contentent de répéter ce qu’ils entendent ici ou là.

Je voudrais vous raconter une histoire. Lors des soulèvements au Tibet dans les années cinquante, l’incarnation précédente de Pawo Rinpoché a relu les prophéties de Gourou Rinpoché et il a pensé : « Voilà probablement ce qui va se produire. » Il les a montrées à son intendant et lui a dit : « Voilà ce qui va arriver. Ce sont les prophéties de Gourou Rinpoché. Nous devons fuir en exil, nous ne pouvons pas rester. » À chaque fois qu’il les montrait à son intendant, celui-ci répondait : « Qu’il en soit ainsi ! Je prends refuge ! » L’intendant les touchait du front et les rangeait. Plus tard, la situation a empiré, même le Karmapa est parti en Inde. Lorsque Pawo Rinpoché l’a su, il a dit : « Les prophéties l’avaient prédit. Même le Karmapa est parti. Nous ferions mieux de partir sinon que va-t-il nous arriver ? » L’intendant a répondu : « Comment le pourrions-nous ? Il y a les trois grands monastères de Sera, Drepung et Ganden, et le Potala, le palais du gouvernement tibétain. Il n’est pas si simple de partir. Si vous préparez votre fuite, vous ruinez toute possibilité de rester. » Il a complètement refusé de faire quoi que ce soit pour partir. Soit il n’était pas instruit, soit il était trop confiant car il n’avait jamais traversé de situation aussi difficile. En fin de compte, l’intendant n’a pas pu se réfugier en Inde et il a terriblement souffert. Il a été envoyé dans des camps de rééducation où il a été torturé, battu, et finalement il est mort. Il en va de même pour nous.

Le Seigneur Bouddha et les maîtres d’autrefois ont beaucoup parlé de la façon dont nous devions défendre l’environnement, les forêts et les arbres. Mais quand nous les entendons, nous nous contentons de toucher le livre du front et de répéter « Je prends refuge ! » Souvent nous prononçons de belles et éloquentes paroles : « Puisse-t-il en être ainsi ! Puisse cela profiter à tous ! Puisse cela advenir ! Puisse cela s’étendre à tous les êtres dans l’espace ! Puisse-t-il en être ainsi ! » Mais ces belles paroles ne sont guère suivies d’actes concrets. Nous errons encore dans l’océan des souffrances du samsâra car nos souhaits et nos actions se contredisent. Si nous persévérons sur cette voie, nous resterons à jamais prisonniers du samsâra. S’il vous plaît, réfléchissez-y.


23 août 2009

Les 5 comptemplations, manger en pleine conscience

pratique à chaque repas au village des pruniers

(à lire avant le repas )
(1 son de cloche, arrêt)
Le Bouddha, et nos ancêtres spirituels, nous invitent à manger dans la Pleine Conscience, conscients de la nourriture, et de la communauté de pratique qui nous entoure ; ne nous laissons pas entraîner par des pensées concernant le futur ou le passé pendant le repas. On mange en telle sorte que la joie, la paix et la liberté soient possible tout au long du repas.
Cher(e)s ami(e)s, au prochain son de cloche, pratiquons ensemble les 5 contemplations.
(1 son de cloche- arrêt)

1- Cette nourriture, fruit du ciel, de la terre, de beaucoup de travail et d’amour, est un don de l’univers tout entier.
2- Mangeons-la en Pleine Conscience, et gratitude, afin d’en être dignes.
3- Observons et transformons les états mentaux négatifs, surtout l’avidité, qui nous poussent à manger sans modération, et apprenons à manger avec modération.
4- Puissons-nous maintenir notre compassion éveillée en mangeant de façon a réduire la souffrance des êtres vivants, à préserver notre planète, et à inverser le processus du réchauffement planétaire.
5- Nous acceptons cette nourriture avec gratitude afin de pratiquer et de réaliser le chemin de la compréhension et de l’amour, de développer notre fraternité, de construire notre communauté et de nourrir notre idéal de servir tous les êtres vivants.
(1 son de cloche)

"Manger en silence nous permet de prendre conscience de la valeur de la nourriture et de la présence de nos amis, et aussi de notre rapport étroit avec la terre et toutes les espèces.
Chaque légume, chaque goutte d’eau, chaque morceau de pain, contient en lui la vie de toute notre planète et du soleil. Chaque bouchée nous permet de goutter le sens et la valeur de notre vie. Nous pouvons méditer sur les plantes et les animaux, sur le travail du fermier et sur les milliers d’enfants qui meurent chaque jour par manque de nourriture.

Assis en silence à table avec les autres, nous avons aussi l’occasion de les voir clairement et profondément, et de leur sourire pour leur communiquer un amour et une amitié réels. La première fois que vous mangez en silence, cela peut vous sembler étrange, mais ensuite vous allez vous y habituer ; les repas silencieux peuvent apporter beaucoup de paix, de joie et de vision profonde."

http://www.villagedespruniers.net/index.lasso?famille=Pratiques%20du%20Village&sous_famille=M%E9ditation%20du%20repas&sous_sous_famille=Introduction&langue=francais

la nouvelle version des "5 contemplations "insiste particulièrement sur le fait que par notre consommation alimentaire , nous pouvons inverser le processus de réchauffement planétaire, et participer à la lutte contre la faim dans le monde

c'est cela manger en pleine conscience

18 août 2009

PRATIQUE DU BOUDDHA DE MEDECINE

Telle qu'on la pratique au centre Tibetain de Lavaur dans le Tarn (81)

d'après la SADHANA


Visualisation:

A environ 10 centimètres au dessus de ma tête se trouve une fleur de lotus

Au centre du lotus se trouve un disque de lune blanc, sur lequel est assis mon maître racine, le Dharmakaya, l’essence de tous les Bouddhas – dans la forme du Bouddha de médecine.

Il est de couleur bleue et son corps irradie de la lumière bleue.

Sa main droite, dans le moudra qui accorde la réalisation suprême, repose sur son genou droit et tient entre le pouce et l’index une tige de la plante médicinale aroura (ou myrobolam)

Sa main gauche, dans le moudra de la concentration, tient un bol en lapiz lazuli rempli de nectar.

Assis dans la posture du lotus, il est revêtu des trois robes de moine, il possède toutes les marques et qualités d’un Bouddha.

Prise de refuge et production de l’esprit d’éveil :


Je prends refuge jusqu’à l’éveil dans le Bouddha, le Dharma et la communauté sublime, le Sangha. Grâce aux mérites accumulés par ma pratique de la générosité et des autres perfections, puissè-je rapidement atteindre la bouddhéité afin de mener tous les êtres, sans exception, à cet état insurpassable.


Les quatres pensées incommensurables:


Puissent tous les êtres obtenir le bonheur et la cause du bonheur

Puissent tous les êtres être libérés de la souffrance et des causes de la souffrance

Puissent tous les êtres ne jamais être séparés de la félicité suprême de la libération et des renaissances fortunées

Puissent tous les êtres demeurer dans l’impartialité, libérés de l’attachement qui les rapproche des uns et de l’aversion qui les éloigne des autres.


Production de l’esprit d’éveil particulier :


Tout particulièrement pour le bien de tous les êtres, j’atteindrai rapidement, très rapidement, l’état précieux de la bouddhéité parfaite et complète.

C’est pourquoi je pratique la méthode de yoga du maître Bouddha de la Médecine.


Prière à sept branches :

Je me prosterne devant le maître Bouddha de la Médecine

Je présente toutes les offrances, tant réelles qu’imaginées

Je confesse toutes les fautes accumulées depuis les temps sans commencement

Je me réjouis de toutes les vertus des êtres ordinaires et des aryas

Je vous prie Bouddha de rester notre guide et de tourner la roue du Dharma jusqu’à la fin du Samsara

Grâce aux vertus créées par moi-même et par autrui, puissent les deux bodhicittas mûrir et puissè-je atteindre la bouddhéité pour le bien de tous les êtres.


Offrande du mandala :


Cette terre ointe de parfum, jonchée de fleurs,

Ornée du mont Mérou, des quatre continents, du soleil et de la lune,

Je la visualise comme un champ de Bouddhas et l’offre

Puissent toues les êtres jouir de cette terre pure


Je vous envoie ce mandala de joyaux, O maître précieux.


Prière de requête :


Je vous supplie, maître Bouddha de la Médecine, dont le corps de lapis lazuli, couleur du ciel, exprime une sagesse omnisciente et une compassion aussi vaste que l’espace illimité, accordez-moi je vous prie votre bénédiction.


Je vous supplie, maître compatissant de la Médecine, qui tenez dans votre main droite la médecine souveraine symbolisant votre promesse d’aider tous les êtres pitoyables, affligés par les quatre cent vingt quatre maladies, accordez-moi je vous prie votre bénédiction.


Je vous supplie, maître compatissant de la Médecine, qui tenez dans votre main gauche un bol de nectar symbolisant votre promesse de donner le nectar glorieux de l’immortalité (du Dharma) qui élimine les dégénérescences de la maladie, de la vieillesse et de la mort, accordez-moi, je vous prie votre bénédiction.


Visualisation :


Sur le sommet de la tête du maître Bouddha de la Médecine (Sangyé Mènla) se trouve un joyau qui exauce tous les souhaits, dont l’essence est celle de mon maître.

Au dessus se trouve le Bouddha Roi de la Claire Lumière (Ngueune Kyène Gyèlepo) celui à qui l’océan du Dharma de la sagesse suprême procure une joie totale, dont le corps est de couleur rouge. Sa main droite est dans le moudra qui donne les réalisations sublimes et la gauche dans celui de la concentration.

Au dessus de ce dernier se trouve le Bouddha Océan Mélodieux du Dharma Proclamé (Tcheu Drak Gya Tseu Yang), dont le corps est de couleur jaune. Sa main droite est dans le moudra qui donne les réalisations sublimes et la gauche dans celui de la concentration.

Puis vient le Bouddha Roi de la Gloire Suprême qui Libère de Toute Souffrance (Nya Nguène Mé Tchok Pèl), dont le corps est de couleur rose. Ses deux mains sont dans le moudra de la concentration.

Au dessus se trouve le Bouddha Roi de l’Or Immaculé Excellent Joyau Radieux Qui Exauce Tous les Souhaits (Sèr Sang Tri Mé), dont le corps est de couleur jaune pâle. Sa main droite est dans le moudra qui propage le Dharma et la gauche dans celui de la concentration.

Ensuite vient le Bouddha Roi des Sons Mélodieux, Talent au Rayonnement Brillant (Dra Yang Gyèle Po), parfaitement orné de joyaux, de la lune et du soleil, dont le corps est de couleur orangée. Sa main droite est dans le moudra qui propage le Dharma et la gauche dans celui de la concentration.

Au dessus de celui-ci se trouve le Bouddha Gloire Célèbre des Signes Excellents (Tsène Lek Yang Trak Pèl), dont le corps est de couleur jaune. Sa main droite est dans le moudra qui propage le Dharma et la gauche dans celui de la concentration.

Requête aux Bouddhas de la Médecine :


(répétez chaque vers sept fois. Après la septième récitation, quand vous répétez « que votre promesse d’être bénéfique… » le Bouddha de la Médecine auquel la requête est faite s’absorbe dans celui qui se trouve en dessous.


Devant vous Bouddha Gloire célèbre des Signes Excellents (Tsène Lek Yang Trak Pèl), pleinement réalisé, destructeur de toutes les négativités, Bouddha entièrement accompli qui avez parfaitement réalisé la vérité absolue de tous les phénomènes, je me prosterne, en vous je prends refuge et vous présente des offrandes.

Puisse votre promesse d’être bénéfique à tous les êtres mûrir maintenant pour moi et pour autrui.


Devant vous, Bouddha Roi des Sons Mélodieux, Talent au Rayonnement Brillant, parfaitement orné de joyaux, de la lune et du soleil (Dra Yang Gyèlpo)

Pleinement réalisé, destructeur de toutes les négativités, Bouddha entièrement accompli, qui avez parfaitement réalisé la vérité absolue de tous les phénomènes, je me prosterne, en vous je prends refuge et vous présente des offrandes.

Puisse votre promesse d’être bénéfique à tous les êtres mûrir maintenant pour moi et pour autrui.


Devant vous, Bouddha Roi de l’Or Immaculé, Excellent Joyau Radieux qui Exauce Tous Ses Souhaits (Sér Sang Trimé) pleinement réalisé, destructeur de toutes les négativités, Bouddha entièrement accompli, qui avez parfaitement réalisé la vérité absolue de tous les phénomènes, je me prosterne, en vous je prends refuge et vous présente des offrandes.

Puisse votre promesse d’être bénéfique à tous les êtres mûrir maintenant pour moi et pour autrui


Devant vous, Bouddha Roi de la Gloire Suprême qui Libère de Toute Souffrance (Nya Nguène Mé Tchok Pèl) pleinement réalisé, destructeur de toutes les négativités, Bouddha entièrement accompli, qui avez parfaitement réalisé la vérité absolue de tous les phénomènes, je me prosterne, en vous je prends refuge et vous présente des offrandes.

Puisse votre promesse d’être bénéfique à tous les êtres mûrir maintenant pour moi et pour autrui


Devant vous, Bouddha Océan Mélodieux du Dharma Proclamé (Tcheu Drak Gya Tseu Yang) pleinement réalisé, destructeur de toutes les négativités, Bouddha entièrement accompli, qui avez parfaitement réalisé la vérité absolue de tous les phénomènes, je me prosterne, en vous je prends refuge et vous présente des offrandes.

Puisse votre promesse d’être bénéfique à tous les êtres mûrir maintenant pour moi et pour autrui


Devant vous, Bouddha Roi de la Claire Lumière (Ngeune Kyène Gyelpo) pleinement réalisé, destructeur de toutes les négativités, Bouddha entièrement accompli, qui avez parfaitement réalisé la vérité absolue de tous les phénomènes, je me prosterne, en vous je prends refuge et vous présente des offrandes.

Puisse votre promesse d’être bénéfique à tous les êtres mûrir maintenant pour moi et pour autrui


Devant vous, Bouddha maître de la guérison, Roi en Lapis Lazuli (Mèngyi-la Bèndourya Eugyi Gyèlpo-la) pleinement réalisé, destructeur de toutes les négativités, Bouddha entièrement accompli, qui avez parfaitement réalisé la vérité absolue de tous les phénomènes, je me prosterne, en vous je prends refuge et vous présente des offrandes.

Puisse votre promesse d’être bénéfique à tous les êtres mûrir maintenant pour moi et pour autrui


Visualisation :


Ma requête ayant été accordée, du cœur et du corps sacré du roi de la médecine d’infinis rayons de lumière blanche descendent à flots, remplissant complètement mon corps de la tête aux orteils. Ils purifient toutes mes maladies et afflictions provoquées par des esprits ainsi que leurs causes tout mon karma négatif et ma confusion mentale. De la nature de la lumière, mon corps devient aussi pur et clair que du cristal.

Les rayons de lumière descendent à flots, deux fois de plus, remplissant à chaque fois mon corps d’une lumière de béatitude pure et claire que j’absorbe.

Je suis ainsi transformé dans le corps sacré du maître Bouddha de la Médecine.

A mon cœur apparaissent un lotus et un disque de lune. Debout, au centre du disque lunaire, se trouve la syllabe germe OM bleue entourée par les syllabes du mantra.

Pendant la récitation du mantra, de la syllabe à mon cœur, des rayons de lumière irradient dans toutes les directions.

Les rayons de lumière pénètrent dans les êtres des six royaumes.

Grâce à mon amour illimité qui leur souhaite d’obtenir le bonheur et à ma compassion infinie qui leur souhaite d’être libérés de toute souffrance, ils sont purifiés de toutes les maladies et afflictions provoquées par les esprits ainsi que de leurs causes, de tout leur karma négatif et de leur confusion mentale.


Récitation du mantra :


Om Namo Bhagawaté Békadzé / Gourou Bèndourya Prabha Radzaya / Tathagataya / Arhaté Samyaksam Bouddhaya / Tayatha / Om Békadzé
Békadzé / Maha Békadzé Békadzé
Radza / Samoungaté Soha


Mantra court :


Tayatha
/ Om Békadzé Békadzé / Maha Békadzé Békadzé

Radza / Samoutgaté Soha

http://www.youtube.com/watch?v=zBrwore-gvg&feature=player_embedded

Ressentez une grande joie et pensez :


Tous les êtres sont transformés dans l’aspect du maître Bouddha de la Médecine.

Quelle merveille que je puisse maintenant mener tous les êtres vers l’état d’Eveil du Bouddha de la Médecine.



Une autre pratique du centre Vajra-Yogini de Lavaur...

http://michel1955.blogspot.com/2009/03/pratique-du-bouddha-de-la-medecine.html


Le mantra du Bouddha de la medecine sur une musique apaisante

http://www.youtube.com/watch?v=g263N4XzoZo&feature=player_embedded

12 août 2009

Ma prière la Paix sur Terre

C'est un voeu que partage bon nombre de "Terrien(ne)s" un voeu que tant de chansons ont évoqué et parmi celles ci , une de celles que je préfère (merci à Lise de me l'avoir rappelée à mon bon souvenir) Grand Prix Eurovision de la Chanson 1982. 24 avril 1982, à Harrogate (petite cité dans le nord du Yorkshire, en Angleterre). Cette année-là, la France n'est pas représentée. L'Allemagne remporte le Premier Prix de cette 27ème édition


http://www.youtube.com/watch?v=1-UZG7bKgFQ&feature=player_embedded

en 82 l'Eurovision c'était pas dénaturé comme maintenant

La même en français.

http://www.youtube.com/watch?v=CJ_GgmSRd7o
oui... cette prière c'est merveilleux , surtout dit comme cela dans cette chanson, mais la VRAIE PAIX ne pourra être sans la JUSTICE... ni sans le PARTAGE


Comment enseigner la PAIX à ces milliards d'êtres affamés, ou exploités pour une bouchée de pain alors que juste à coté nous gaspillons, crevons d'indigestion et ne savons pas quoi faire de notre argent ?



OM MANI PADME HUM

7 août 2009

La prière de la Sérénité-Hommage à Barack Obama

(Chantée par KaroKaraokeCountry)

et que Thay (Thich Nhat Hanh) a appelé à soutenir...
http://michel1955.blogspot.com/2009/06/obama-dharma-teacher-par-le-venerable.html
Ce que je fais bien volontier en ce 2eme soir de pleine conscience pour aider la Terre
http://www.energie-sante.net/ng/?p=95


http://www.youtube.com/watch?v=MIeW70bZYFw
et

la lettre du Village des Pruniers, à la communaute du Président Obama (communauté Martin Luther King)


A Monsieur le Président OBAMA et
sa communauté

de la communauté bouddhiste
«l’île intérieure»selon la tradition
du maître THICH NHAT HANH
Toulouse FRANCE

Cher Monsieur Obama
Chère Communauté,




Notre communauté a beaucoup d’admiration pour votre travail et vos prises de positions courageuses depuis votre accession au pouvoir. Nous partageons les mêmes valeurs et la même éthique que vous. Nous sommes particulièrement sensibles à vos paroles qui respirent la justesse, et vont dans le sens de la générosité et de la non-discrimination. Nous en sommes à la fois étonnés et ravis. Il est rare d’entendre un homme politique s’exprimer ainsi. Nous savons que les décisions courageuses que vous prenez peuvent provoquer des réactions hostiles, dictées par la peur et l’incompréhension et nous vous écrivons pour vous soutenir dans votre tâche.


Votre politique représente pour nous et pour beaucoup de gens sur la planète, une autre façon de diriger le monde, car vous vous situez hors des conflits d’intérêt et des ambitions personnelles propres à beaucoup d’hommes politiques. Nous tenons à vous apporter notre soutien sincère et nous vous envoyons notre énergie de pleine conscience, d’amour et de paix, pour vous aider dans votre mission.


Vous incarnez un grand espoir pour le monde et la planète. S’il vous plait, ne perdez pas courage, ne perdez pas confiance. Des milliers de gens sont derrière vous et nous en particulier.




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3 août 2009

Du vénérable Thich Nhat Hanh : "Maitreya pourrait se manifester sous la forme d'une sangha"


et il nous recommande de construire des sanghas, partout dans le monde, c'est même une priorité, pour ce début de 21 eme siecle... dit il.


"Nous avons tous besoin d’amour. Sans amour nous ne survivrons pas. Et la planète non plus. Il est dit que le prochain bouddha sera Maitreya, le Bouddha de l’Amour. D’après moi, Maitreya pourrait se manifester sous la forme d’une communauté qui montrera le chemin de l’amour et de la compassion. (...)"
"(...)Il nous faut apprendre à pratiquer la pleine conscience ensemble - en tant que famille, ville, nation ou communauté de nations. Un Sangha qui pratique l'amour et la compassion est exactement le Bouddha qu'il nous faut pour le siècle à venir. L'apparition du prochain Bouddha - Maitreya, le Bouddha de l'Amour - ne dépend que de nous. Nous avons le privilège et le devoir de préparer le terrain pour sa venue, et ceci pour nous-mêmes, pour nos enfants et pour notre planète la Terre. Chacun de nous a un rôle à jouer. Chacun de nous peut contribuer à rendre le Bouddha vivant en pratiquant consciemment. Chacun de nous représente une cellule du Bouddha Maitreya, le Bouddha du vingt et unième siècle, le Bouddha de l'Amour.
http://www.vipassana.fr/Textes/TNHSangha.htm

http://www.buddhaline.net/article.php3?id_article=178

Bâtir une Sangha

Bâtir une Sangha c'est comme faire pousser des fleurs. Nous devons savoir ce qui est utile et nuisible à la croissance des fleurs. Nous avons besoin de bonnes graines, d'un jardinier habile, de l'eau, de la terre, de beaucoup de soleil et de patience... Quand nous nous lançons dans la construction d'une Sangha, la chose la plus importante est de se rappeler que nous le faisons ensemble. Plus nous embrassons la Sangha, plus nous nous débarrassons de l'idée d'un soi séparé. Nous pouvons nous reposer sur la sagesse collective et la vision profonde de la Sangha, alors, nous pouvons voir très clairement que les yeux, les mains et le coeur de la Sangha sont bien plus grands que les yeux, les mains et le coeur de chacun d'entre nous.

Nous avons l'occasion d'aider à la construction de notre Sangha en participant aux activités qu'elle propose et en y apportant notre énergie et notre vision profonde. Pour entretenir notre pratique après avoir quitté le Village des Pruniers, nous avons besoin de savoir comment construire une Sangha. Prenez dès maintenant des contacts avec ceux qui sont autour de nous. Quand nous réalisons notre vraie nature d'inter-être, nous établissons naturellement des contacts avec les autres en partageant nos expériences de la pratique et nous recherchons le soutien et les conseils de nos compagnons de pratique.

http://sangharime.com/batir-une-sangha-par-thich-nhat-hanh-vt517.html?start=0&postdays=0&postorder=asc&highlight=

et le Frère Phap -Y nous a également dit lors du Week end de pleine conscience de Gaillac, que Maitreya, est la société dans laquelle nous voulons vivre, et que ces sanghas en seront la base. Oui c'est tellement plus porteur que de pratiquer en groupe!!! Que d’énergies on dégage tous ensemble, énergies que l'on peut dédier à celles et ceux qui en ont besoin...
Bâtir des sanghas, (des communautés de pratique et de vie) est aussi devenu ma priorité et tout d'abord la sangha dans laquelle j'irais passer ma retraite, un peu à l'écart de ce monde empoisonné, non pas pour le fuir, mais pour m'en protéger, et surtout mieux le combattre...